jeudi 27 décembre 2012

Girafe en feu - Salvador Dali (1904-1989)

Dali a peint « La girafe en feu » lors de son exil durant la guerre civile espagnole. Bien que prétendant lui-même être apolitique, « je suis Dali et rien d’autre », cette peinture trahit le conflit que créait en lui la lutte conduite sur sa terre natale. Dali peignait la couleur de nos rêves, et à travers son monde personnel, il nous livrait ses mystères. Sa technique picturale est savante, issue des grands peintres comme Raphaël ou Vélasquez. Mais l’imaginaire de Dali est libre, dégagé de toute contrainte morale.

Salvador Dali - Girafe en feu (35cm x 27 cm) 1935 - Musée des Beaux-Arts de Bâle

Les tiroirs ouverts dans la silhouette féminine bleue, que Dali appellera plus tard "la femme-coccyx", sont récurrents. Ce phénomène évoque la méthode de psychanalyse de Freud. Dali considérait cette méthode comme un pas en avant gigantesque dans la civilisation : "la seule différence entre la Grèce immortelle et notre époque est Sigmund Freud qui a découvert que le corps humain, purement néo-platonique dans la Grèce antique, est aujourd’hui plein de tiroirs secrets que seule la psychanalyse peut ouvrir" disait-il.

Les tiroirs ouverts de cette silhouette de femme, dans son échafaudage, renvoient à l’intérieur, au subconscient de l’être humain. Ils sont remplis des péchés et des complexes de l’humanité.

Selon les propres termes de Dali, ses peintures constituent «une sorte d’allégorie qui sert à illustrer une certaine conception, à explorer les innombrables odeurs narcissiques qui s’échappent de chacun de nos tiroirs» ! …

Sigmund Freud divise l’esprit humain en trois tiroirs distincts :

Le conscient

C'est le souvenir du quotidien, l'archive de l’immédiat, où nous allons chercher à chaque instant toute la mémoire utile, parmi la masse de connaissances acquises et que nous devons mettre en jeux journellement pour notre vie.

Le subconscient

C'est l'archive des souvenirs intermédiaires, qui ne sont pas utilisés au quotidien. 

Nous gardons, gravée, l'image de tout ce qui nous est arrivé durant la période vécue. Cette mémoire est souvent tellement profonde qu'il devient difficile de la remémorer. Lorsque le subconscient est stimulé, il répond toujours de façon satisfaisante, faisant ressortir et nous révélant les souvenirs passés avec beaucoup de précision.

L'inconscient

Il est appelé aussi par certains psychanalystes, souvenir de l'inconnu.

Selon Freud et par la suite Karl Gustav Jung (psychiatre Suisse), l'inconscient est défini comme "l'archive des souvenirs que nous n'arrivons pas à savoir comment nous avons pu arriver à les connaître. C'est l'archive de ce qui n'a pas été ou qui aurait été archivé".

mardi 18 décembre 2012

Anne Bachelier (1949-)

Anne Bachelier (1949-)

Anne Bachelier est une peintre et illustratrice française. Elle est née le 20 février 1949 à Louvigné-du-Désert (Ille-et-Vilaine). Après une formation de 1966 à 1970 à l’Ecole des Beaux-Arts de La Seyne-sur-Mer (Var), Anne Bachelier entre comme apprentie auprès d’un graveur de Valence. Elle y restera de 1974 à 1975. Elle utilisa d’abord la soie sur laquelle elle peignait les mêmes motifs qu’aujourd’hui. Puis, après avoir travaillé sur la décoration intérieure d’avions privés Falcon pour la firme Dassault, l’artiste va se consacrer entièrement à la peinture à l’huile. Elle vit et travaille aujourd’hui près de Grenoble. 

Sa première exposition personnelle a lieu en 1989 près de cette ville. Depuis cette date, elle a exposé plus de 40 fois seule, et participé à plus de vingt expositions collectives, notamment à New-York et à Tokyo.

A juste titre, l’œuvre d’Anne Bachelier est qualifiée de féerique, d’onirique. Certes, elle tisse un monde fantastique de fées et de chimères, mais on ne peut la réduire à la simple dimension du rêve ou de l’expérience esthétique. En effet, cette œuvre s’ancre dans les profondeurs archétypales de la psyché (au sens jungien). Elle propose un cheminement au cœur d’une interrogation existentielle essentielle.

Métamorphoses, rêves, symbolismes sont récurrents dans la peinture si personnelle d’Anne Bachelier. La magie émane des ses tableaux ainsi qu’une fantaisie échevelée. Un monde onirique à la fois doux et inquiétant, lumineux et sombre, paisible et tourmenté se déploie à travers ses toiles. Le temps ne semble avoir aucune prise sur le monde d’Anne Bachelier. Ses tableaux évoquent l’éternel cycle de transformations et régénérations, une danse exquise à laquelle prennent part ses personnages étranges. On peut admirer ses  oeuvres à Honfleur, Paris et New York.



Quelques une de ses oeuvres:


Anne Bachelier - Théâtre rêvé, format « Paysage » (162 x 114)





  

L’œuvre d’Anne Bachelier affiche une esthétique raffinée et cohérente, empruntant autant à l’Orient qu’à l’Occident. Sa palette de couleurs spécifique, son univers peuplé de chimères, la font reconnaître au premier coup d’œil. Les peintures d’Anne Bachelier peuvent se contempler avec le même bonheur de près que de loin. De près, le spectateur se laisse happer par les méandres polysémiques et polyphoniques de la toile. La poésie qui en émane, et le questionnement de la réalité qu’il induit, permet un double regard : intuitif et intellectuel. A condition d’accepter de rejeter la matérialité quotidienne et de plonger au cœur des œuvres, celles-ci forment autant de seuils ouvrant sur des univers insoupçonnés, de multiples cheminements au terme desquels le cœur régénéré ne pourra que se dilater et l’âme retrouver la voie de sa source première. Car il s’agit bien, à travers une interrogation sur la place de l’imaginaire, de la Beauté et de la Nature, d’un retour à l’Unité primordiale, exprimée notamment par l’androgynie des êtres, symbole d’ultime union des contraires. 

L’œuvre d’Anne Bachelier se situe entre les mondes, dans un univers de seuils et de portes, entre terre et ciel, entre apparence et invisible. Ce que l’artiste dépeint, c’est un Passage, un franchissement, une métamorphose des êtres s’accomplissant sous nos yeux, servis par une puissante esthétique du mouvement. C’est en contemplant ces scènes de loin que l’ampleur de la dynamique qui les anime se déploie pleinement, ce jeu savant de courbes, de contre-courbes et de contrastes, l’omniprésence du cercle aussi. Cette œuvre, loin de montrer une immobilité, représente au contraire un mouvement perpétuel, au cours duquel tout se transforme, se régénère, fluctue sans cesse.

La peinture d’Anne Bachelier nous montre des êtres qui aspirent à s’élever vers ces contrées parfaites. Elles sont l’allégorie d’une humanité cherchant à transcender sa condition. Avec Barbara King, nous découvrons dans cet univers une « Humanité rivée à la terre, aspirant à l’immortalité » (traduction libre).

Lorsqu’on lui demande d’où lui vient son inspiration, l’artiste répond : « Il y a l'enfant que j'ai été et qui demeure, avec ses rêveries et son imaginaire. Il y a ce que je vois, ce que j'entends, ce que je touche... Il y a mes émotions,… » Anne Bachelier est habitée par une capacité que seuls possèdent les véritables artistes : celle de transfigurer ses propres émotions et expériences personnelles en art de portée universelle. Celle d’offrir une œuvre si envoûtante que son empreinte, dans le cœur du spectateur, demeure indélébile.

Extrait du site: http://www.le6ereve.fr  par SOFY T. HEMERY
  

jeudi 13 décembre 2012

Relever le défi de la mort - Jean Garneau (1941-2005)

Les conséquences du déni

Pour mieux comprendre l'importance de relever le défi existentiel que la mort nous présente, rien n'est plus éloquent d'une bonne compréhension des conséquences qu'entraîne le déni de cette réalité.

Un style personnel

C'est une organisation d'ensemble de la personnalité et de la façon de vivre qui est nécessaire pour maintenir un déni existentiel comme celui de la mort. Voyons d'abord un exemple qui permet d'illustrer les composantes essentielles de ce style personnel.

Michel porte apparemment depuis toujours une inquiétude sourde qui lui rend la vie difficile à porter. Il ne sait pas à quoi l'attribuer et considère qu'elle relève probablement de son héritage génétique car il ne parvient pas à la relier à une situation ou un événement. Jamais il ne croirait que cette insécurité ait un rapport avec une peur de la mort car c'est une question à laquelle il ne pense jamais.

Michel est toujours surpris pas ses fortes réactions lorsqu'il doit vivre une séparation. Même les adieux entre personnages de films le touchent au cœur. Il devient facilement ému lorsque son équipe de travail fête le départ d'un employé; à un tel point qu'il cherche maintenant à éviter ou abréger en se durcissant toutes les situations du genre.

Il agit de la même façon en famille: il évite autant que possible les situations où il faut se séparer. Lorsqu'il doit partir en voyage, les adieux sont terminés avant d'avoir commencé tellement il part rapidement. Il a même refusé une promotion très intéressante parce qu'elle l'aurait amené à partir une semaine par mois. Il refuse avec une impatience qui l'étonne lui-même d'accorder aux enfants le chien qu'ils lui demandent. Il prétexte qu'ils sont trop jeunes pour s'en occuper, mais en réalité, il veut les empêcher de s'attacher à un animal pour leur éviter la peine qu'ils auraient au moment de s'en séparer.

Il y a plusieurs années, il est devenu très fervent dans sa religion. Lui qui n'avait jamais été tellement intéressé aux "histoires de curés", il s'est mis à prier et à lire la Bible assidûment depuis la mort de son père. Il ne s'en aperçoit pas clairement, mais c'est à celui-ci qu'il s'adresse lorsqu'il prie. En fait, il trouve que sa communication avec son père est meilleure maintenant que lorsqu'il était vivant.

Ses frères le taquinent parfois sur son étonnante "conversion". Mais ils ont plusieurs fois constaté qu'il se fâche violemment lorsqu'on aborde cette question; ils en sont venus à éviter généralement le sujet ainsi que toutes les autres questions qui touchent la religion, la mort de leur père, la guerre et le divorce. L'un d'entre eux a, depuis un bon moment, l'habitude d'avoir un empêchement chaque fois que Michel participe à une activité en famille. Ce dernier ne voit pas en quoi il contribue à ces absences de son frère. Il ne fait pas le lien avec les prétextes que ses collègues invoquent pour refuser ses invitations.

Michel est malheureux dans son travail; il occupe un poste plutôt intéressant dans une firme d'avocats, mais il déteste presque tout ce qu'il doit y faire. Il n'aime pas les bagarres verbales du tribunal et s'ennuie à mourir dans la rédaction de contrats et les recherches. Il tient le coup tant bien que mal, mais il est stressé et craint que son remède favori en fasse un alcoolique. Il ne peut envisager une réorientation, car il a promis à son père, peu avant sa mort, de compléter ses études en droit et de réaliser pour lui ce rêve auquel il n'avait jamais renoncé.


Cette illustration est bien sommaire malgré sa longueur. Pour donner une image adéquate, il faudrait rendre compte de toute la cohérence interne d'une vie organisée autour du déni d'une réalité qui n'est jamais visible. Et comme le déni n'est remarquable que par son absence généralisée, il n'est pas facile de décrire les gestes et les événements qui en découlent.

Il faut comprendre aussi que le déni existentiel est toujours un geste de survie individuel. A ce titre, il est chaque fois une création unique de la personne qui en a besoin pour maintenir son équilibre. Il est donc impossible de choisir un exemple "typique". Il faudra nous satisfaire de cette illustration pour supporter notre compréhension des diverses dimensions de l'expérience typique de la personne qui nie la mort.

En somme, l'évitement d'un défi existentiel se caractérise surtout par des expériences subjectives sur lesquelles la personne évite autant que possible de s'arrêter. Celles-ci sont les effets du déni, ses conséquences, et non le déni lui-même. Car le déni existentiel demeure toujours invisible jusqu'à ce qu'il soit ébranlé par une confrontation imposée de l'extérieur.

Une insécurité fondamentale

La principale conséquence du déni, c'est l'insécurité plus ou moins insaisissable qui prend une place importante dans la vie de la personne. Il s'agit d'une inquiétude sans objet, d'un vague sentiment de vulnérabilité qui est toujours présent, mais demeure sous-jacent aux réalités psychiques qui composent la vie quotidienne consciente.

Michel porte apparemment depuis toujours une inquiétude sourde qui lui rend la vie difficile à porter. Il ne sait pas à quoi l'attribuer et considère qu'elle relève probablement de son héritage génétique car il ne parvient pas à la relier à une situation ou un événement.

Cette insécurité est profondément ancrée dans la façon de vivre de la personne. Tellement enracinée qu'elle fait partie de son état normal, de son identité la plus fondamentale. C'est pour cette raison que l'insécurité demeure presque toujours invisible pour la personne qui la vit comme pour son entourage.

Subjectivement, cette insécurité apparaît plutôt comme un malaise diffus. C'est sa disparition qui permet, après coup, d'en déceler la puissance réelle. En fait, la personne n'en mesure l'importance et l'ampleur que lorsqu'elle a confronté avec succès la réalité de la mort telle qu'elle s'applique à sa vie.

Une fuite constante

Cette insécurité demeure invisible tant qu'elle est neutralisée par une fuite efficace de la réalité existentielle qui en est la source. Si l'évitement de la mort (comme réalité faisant partie de la vie) est réussi, le vague malaise fondamental est le seul signe tangible. Les formes de déni que j'ai présentées dans "La mort: un défi de la vie" correspondent à des versions plus typiques de cet évitement systématique.

La fuite prend donc une forme particulière qui correspond à une tentative individuelle d'adaptation devant une réalité inacceptable. Mais quelle que soit cette forme, elle représente toujours une source sécurité pour répondre à l'inquiétude de fond. Et même si cette sécurité est artificielle et illusoire, elle demeure très précieuse. C'est sa fragilité qui fait qu'on la défend si vigoureusement dès qu'elle est ébranlée.
Michel se fâche chaque fois qu'on aborde la question de sa "conversion", Ses frères en sont venus à éviter généralement le sujet ainsi que toutes les autres questions qui touchent la religion, la mort de leur père, la guerre et le divorce. De façon tout aussi systématique, il s'impatiente chaque fois que les enfants mentionnent qu'ils voudraient un chien.

La fuite prend deux formes principales: l'angoisse et la révolte. Si la mort imprévue d'une personne qu'on connaît, une tragédie naturelle ou une séparation quelconque nous rappelle cette réalité que nous refusons, c'est d'abord une angoisse intense qui prend place en nous, peut-être accompagnée d'une tristesse soudaine qui semble prête à nous submerger. La colère ou la révolte viennent habituellement ensuite, pour tenter de rétablir un équilibre instable que la vie venait de déranger. Au fond, cette agressivité cherche à neutraliser le message troublant en éliminant le messager qui l'apporte.

Et dans le cas où c'est une personne particulière qui provoque ce déséquilibre, l'indignation ou le mépris virulent deviennent les méthodes de fuite les plus probables.
  
Une rigidité défensive

La rigidité est une conséquence directe de l'insécurité et de la fuite dont il est question ci-dessus. L'évitement devient un mode de vie: il se traduit par une série d'habitudes dont le but le plus fondamental est de contourner les situations où la réalité de la mort se manifesterait.

Éviter les situations où une relation prend fin, abréger au maximum les séparations lorsque quelqu'un part en voyage, éviter les personnes âgées de peur d'avoir à s'en séparer, refuser de s'attacher pour ne pas souffrir de la séparation, etc. Toutes ces façons d'agir peuvent devenir typiques d'une personne parce qu'elles sont des comportement automatiques qu'on en vient à prévoir facilement.

Cette façon de maintenir son équilibre défensif manque évidemment de souplesse. La façon d'agir dépend plus de l'évitement d'une réalité conflictuelle que des caractéristiques particulières à chaque situation. C'est ce qui rend le comportement facilement prévisible et c'est ce qui empêche la créativité nécessaire à une adaptation réussie.

Par son caractère rigide, inflexible et stéréotypé, cette méthode de protection entretient l'insécurité et la menace qui en sont la source. Tout comme le skieur débutant est condamné à l'inefficacité par la rigidité que lui impose sa peur, la personne qui nie cette réalité existentielle perd les moyens qui lui permettraient de faire face au défi réel que constitue la mort. C'est ce qui la condamne à s'accrocher désespérément à son déni jusqu'à ce que les événements de la vie l'obligent à y faire face malgré une panique envahissante.
  
Un bilan angoissant

Mais finalement, le pire prix à payer pour cet évitement systématique, c'est l'appauvrissement qui découle de la fuite et de la rigidité: une existence où la vie ne peut s'épanouir vraiment. Accrochée au passé, occupée à fuir la tristesse toujours possible, forcée à contourner les situations qui pourraient rappeler la mort, obnubilée par ses liens avec des personnes disparues, la personne gaspille une large partie de sa vitalité et des satisfactions qu'elle pourrait tirer du présent et des personnes qu'elle côtoie.

C'est donc un bilan de plus en plus sombre qui attend la personne dont l'équilibre s'appuie sur le déni de la mort: le constat d'une vie sacrifiée à cette fuite stérile. C'est pourquoi il est très difficile de relever le défi, surtout s'il a duré longtemps. On préfère facilement continuer dans la même voie: se sacrifier pour une autre vie plus satisfaisante, s'illusionner sur la communication qu'on entretient avec un être disparu, s'ingénier à assujettir ses descendants, continuer à défier le danger...    
Solitude, Cimetière du Père Lachaise, Paris

Comment relever le défi existentiel de la mort

Il faut un motif important pour que nous prenions la peine de tenter de nier une réalité aussi évidente que la mort. Il n'est pas étonnant que nous trouvions particulièrement difficile de renoncer à l'illusion du déni pour relever le défi.

C'est seulement en reconnaissant la réalité inévitable de la mort et ses principales implications qu'on peut espérer y parvenir. Mais pour cela, il faut d'abord reconnaître la valeur primordiale de la vie. Il faut également reconnaître que la mort est profondément tragique parce qu'elle est définitive. Enfin, on doit accepter que sa propre mort soit absolument inévitable mais que le moment en reste imprévisible.

C'est le fait de constater que ces réalités sont inscrites dans l'existence de chaque individu qui permet de dépasser l'angoisse envahissante. Voyons les étapes les plus typiques de cet exigeant et intense cheminement.

L'abandon de l'illusion

Pour la personne qui refuse d'intégrer la mort dans sa vision de sa vie, la confrontation de son déni ébranle un pilier important de sa sécurité intérieure. Il faut des événements importants pour percer cette armure défensive et installer un doute à la place du refus. Ceci n'arrive pas sans des moments d'angoisse intense où la personne se sent profondément menacée, un peu comme si son existence ou son équilibre psychique était en danger.

Ce sont donc des événements très chargés qui nous amènent à quitter la sérénité apparente du déni solidement installé: la mort d'un être particulièrement cher, une événement dramatique qui nous touche de près, une menace directe à notre propre survie ou une perte majeure. Ces événements nous forcent à ouvrir les yeux et à renoncer à notre illusion. Ce n'est pas vraiment un choix; c'est plutôt une capitulation devant l'évidence que la vie nous impose.
  
La négociation

Notre façon de réagir peut changer à compter du moment où la question existentielle a commencé à s'imposer à nous malgré nos objections. Nous commençons alors à reconnaître que la mort est vraiment un problème important qu'on ne peut plus évacuer en s'appuyant sur nos anciennes méthodes. C'est un moment de trouvle, d'inquiétude, d'angoisse énorme et de profonde révolte, souvent chargé aussi d'une bonne dose de désespoir.

Essentiellement, cette étape sert à explorer la réalité de la mort afin de découvrir quelle place lui revient vraiment dans notre vie. Il s'agit d'abord de consentir assez pour éprouver toutes les émotions que le déni cherchait à neutraliser: de regarder cette pénible réalité en face, en respectant les réactions qu'elle provoque en nous.

En somme, il s'agit de reconnaître chaque moment où la question de la mort se pose à nous et d'accueillir toutes nos réactions devant cette question. On peut considérer qu'il s'agit d'un genre de négociation car les réactions vont naturellement à l'encontre du constat qui les provoque. Dans ce jeu de force, nous tentons de respecter les deux pôles: vivre lucidement les réactions tout en continuant à constater la réalité de la mort.

Cette phase peut durer assez longtemps, même des mois ou des années. Tout dépend de la fréquence des occasions d'y travailler que nous saisissons ainsi que de l'attention que nous accordons à nos réactions. Comme il s'agit d'une expérience émotive intense, les limites de notre capacité de tolérer cette intensité sont également importantes pour nous forcer à ralentir le rythme de cette confrontation.

Le consentement

C'est pendant l'étape de négociation que s'installent les bases du consentement. Peu à peu, on accepte davantage la réalité de la mort dans notre vie et on en admet les implications ou les conséquences. À travers les moments de désespoir et de révolte, on s'habitue progressivement à l'idée d'avoir une seule vie, une vie dont la durée est limitée et inconnue. On abandonne l'une après l'autre les tactiques de déni qui servaient à nous illusionner et nous aidaient à repousser l'angoisse, le désespoir et la révolte que nous vivons maintenant de plus en plus clairement.

Cette étape de consentement est l'occasion d'un profond changement dans notre vision de la vie, de nos valeurs et de notre identité. La vie, particulièrement la nôtre, prend une place centrale parmi nos valeurs. La satisfaction et le présent deviennent des priorités qu'on n'accepte plus de sacrifier à la moindre occasion. On commence alors à obtenir les fruits de la difficile confrontation qui s'achève: une vitalité auparavant inatteignable, une soif de vivre qui nous anime et nous oriente, et surtout une nouvelle sérénité.


Paul Cézanne - Nature-morte aux trois crânes (1900), huile sur toile, 34×60cm, Detroit Institute of Arts, USA


Les effets de la confrontation réussie

Voici comment pourrait s'exprimer une personne qui aurait bien relevé le défi de la mort.

"Je suis vivant. J'ai une seule vie et elle se terminera infailliblement par ma mort. Il n'y a rien d'aussi précieux et important pour moi que cette unique vie, cette seule chance que j'ai de vivre, une fois pour toutes.

Je veux être complètement vivant, profiter au maximum de ces quelques années dont je dispose; c'est la seule façon de rendre ma mort acceptable, même si ça la rend en même temps plus tragique et plus absurde. Et dans ma vie, le plus important c'est de poursuivre et d'atteindre ma satisfaction. C'est seulement l'accumulation de satisfactions importantes qui peut me garder serein devant ma mort.

Tout ce qui nuit à ma recherche de satisfaction est un obstacle qui diminue la valeur de ma vie. Rien ni personne n'a assez d'importance pour me faire renoncer à ma vie ou à un de ses moments; rien ne mérite que je sacrifie ma satisfaction personnelle ou la mobilité qui la rend possible.

En acceptant que ma mort est inévitable et imprévisible je suis poussé de l'intérieur à vivre davantage. Je veux, dès maintenant, en exploiter chaque instant comme unique et précieux
."

La conséquence la plus importante d'une confrontation réussie de la mort, c'est une restructuration de nos valeurs. A un point tel qu'on peut avoir l'impression d'une inversion du système de valeurs de la personne qui vient de compléter cette démarche.

Sommairement, on pourrait dire que cette personne commence à accorder la priorité aux forces de vie qui étaient jusque là négligées en elle; elle cesse de les subordonner aux objectifs de sécurité, aux missions collectives, au besoin d'approbation, à la peur des reproches et des ruptures. Il ne s'agit plus de durer longtemps ou d'atteindre dans un avenir lointain un bonheur définitif. Son but primordial, au contraire, est de vivre le plus complètement possible, dans l'immédiat, une vie riche axée sur des satisfactions de qualité.

Ce n'est pas une façon de se rendre la vie facile; c'est vers une vie riche, pleine, intense et en mouvement continuel que tend cette personne. Car elle a découvert que c'est la meilleure façon d'obtenir un bilan suffisamment positif au terme de sa seule vie.

La satisfaction est au coeur des forces qui orientent cette personne. Elle fait de sa satisfaction immédiate et à court terme un critère fondamental dans l'évaluation de ses actions. Mais il ne s'agit pas d'une simple recherche du plaisir immédiat; c'est d'une satisfaction de qualité qu'il s'agit. Une satisfaction où les valeurs ont une place importante, particulièrement le respect de sa vie et de celle des autres.

Même dans la poursuite d'objectifs à long terme, la satisfaction actuelle en cours de route occupe une place de choix. Il n'est plus acceptable de sacrifier sa vie présente à un objectif important qui ne sera atteint que plus tard. Il faut que la satisfaction fasse aussi partie du voyage: satisfaction de résoudre des problèmes et de franchir des obstacles, plaisir de grandir et de repousser ses anciennes limites, à tout le moins un net sentiment de progresser vers l'objectif qu'on a choisi.

Source: article de Jean Garneau tiré du magazine électronique "La lettre du psy"
  

dimanche 9 décembre 2012

Gandhi (1869-1948)

Mohandas Karamchand Gandhi naît le 2 octobre 1869 à Porbandar dans l'état du Gujarat, au nord-ouest de l'Empire britannique des Indes. Il est issu de la caste des Vayshia et sa famille (des commerçants), est relativement aisée. Enfant, sa mère lui inculque les valeurs hindouistes mais il apprend aussi à connaître les autres religions et la tolérance à leur égard. C'est sans doute pendant cette période que se forgent les convictions morales de Gandhi. Il est fasciné par le jaïnisme, cette religion prônant la non-violence.

Conformément aux coutumes de sa caste, sa famille le marie à 14 ans avec Kasturbai qui restera son épouse toute sa vie. En grandissant Gandhi devient convaincu qu'il ne sera quelqu'un qu'en rompant avec les coutumes de l'Inde et en copiant le style de vie des anglais. Il s'embarque donc pour l'Angleterre en 1888 en laissant femme et enfant pour y faire ses études de droit. C'est paradoxalement à Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme, notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément. Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet et fait la connaissance des théosophes anglais. 

Après trois années en Angleterre et son diplôme d'avocat en poche, Gandhi rentre en Inde. Malheureusement sa vie professionnelle s'enlise et il reste tiraillé entre ses racines hindoues et son attirance pour la bourgeoisie occidentale.

L'Afrique du Sud

En 1893 une entreprise indienne lui propose de se rendre en Afrique du Sud pour y défendre ses intérêts lors d'un procès. Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant de sa vie. Il va y passer quasiment vingt ans.

Dès son arrivée là-bas il est confronté à la discrimination raciale. Expulsé d'un train il s'aperçoit très vite que les britanniques et les Boers dominent sans partage les populations noires et immigrées (à cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud). Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique ne sont pas traités de la même manière suivant la couleur de leur peau. Affecté par des vexations racistes de la part des Blancs, comme de devoir descendre d'un compartiment de train de première classe, il s'érige en défenseur des immigrants indiens et forge une doctrine originale fondée sur la non-violence, la maîtrise de soi et le respect de la vérité (la "satyagraha"). Il préconise en vertu de cette doctrine la désobéissance passive et collective pour lutter contre les discriminations.

En 1894, à l'issue du procès, gagné, pour le lequel il était venu, Gandhi décide de lutter contre une loi visant à interdire aux Indiens le droit d'élire des représentants à l'assemblée de l'état du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000 personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait surtout réussi à faire prendre conscience aux Indiens qu'il fallait s'unir. Devenu populaire, Gandhi décide de poursuivre le combat. En 1896, il va chercher sa femme et ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il travaille comme avocat jusqu'en 1899.
Malgré son engagement, il se comporte loyalement à l'égard des Britanniques pendant leur guerre contre les Boers, en 1899-1901, et organise un service d'ambulances avec un personnel indien. Gandhi appelle ses compatriotes à soutenir les anglais.    

En 1906 une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvall. Elle enjoint les asiatiques à se faire inscrire sur des listes destinées à contrôler de près leurs activités. Gandhi réussit à convaincre 3000 délégués de ne pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est arrêté et incarcéré pendant six mois. En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel il développe les théories du combat par la non-violence : "la satyagraha". Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes et au Général Smuts ce qui lui vaudra d'autres séjours en prison. Finalement, le 30 juin 1914, Smuts et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie des lois raciales. Au prix de plusieurs séjours en prison, Gandhi a remporté de spectaculaires succès face aux gouvernants britanniques.

Retour au pays

Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique du Sud pour toujours et rentre en Inde. Il décide, dès son retour, de partir à la découverte de son pays natal. Son périple dure un an à l'issue duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad. Son nom est désormais associé à la lutte contre l'injustice. Gandhi bénéficie déjà d'une solide réputation d'ascète et de héros qui lui vaut d'être surnommé par le grand poète indien Tagore "Mahatma", d'après un mot hindi qui veut dire "Grande âme". Il est décidé à mettre un terme à l'exploitation coloniale de son pays, sans répandre une goutte de sang.

C'est pourquoi, début 1917, Gandhi se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo exploités sans vergogne par les industriels anglais. Devant les risques d'émeutes, le gouvernement donne satisfaction aux planteurs. A peine rentré à Ahmedabad, Gandhi soutient un mouvement de grève des ouvriers textiles et utilise, pour la première fois, le jeûne pour faire pression sur les patrons et pour marquer son entière solidarité avec les grévistes.

Gandhi accède à la présidence du parti du Congrès et mène dès lors la lutte pour l'autonomie du pays puis pour son indépendance, tout en prônant l'émancipation des femmes et des Intouchables (les hors-castes de l'hindouisme). Avec bienveillance, il surnomme ces derniers les Harijans ou gens de Dieu (les Intouchables récusent aujourd'hui ce terme paternaliste et lui préfèrent celui de Dalits ou opprimés).

Plein de curiosité pour les systèmes philosophiques et les grandes religions, il n'en reste pas moins fidèle à son héritage hindou. Il se rapproche de l'Inde profonde des villages et préconise l'autosuffisance économique et le retour à une économie traditionnelle. Le Mahatma donne l'exemple de l'ascétisme en pratiquant la chasteté dans son ashram des environs d'Ahmedabad, au nord-ouest du pays, et en tissant le coton sur son rouet pour subvenir à ses besoins et fabriquer ses propres vêtements.

À la fin de la première guerre mondiale, pendant laquelle Gandhi avait appelé au soutien de l'effort de guerre, il présente aux britanniques ses premières revendications d'autonomie pour l'Inde. Le 6 avril 1919, pour impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à manifester publiquement dans tout le pays et à cesser toute activité. La manifestation est un énorme succès. Le 13 avril, à Amritsar, la population manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement la satyagraha, ce massacre rompt les liens invisibles qui rapprochaient Indiens et Britanniques.

En 1920 il repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès et par les musulmans, il appelle à la non coopération avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu. Pendant l'un d'eux, 22 policiers sont lynchés par la foule. En février 1922, Gandhi décide de mettre fin à toute action, par souci d'éviter les violences. Lui-même entame une grève de la faim dans son ashram et met sa vie en danger pour convaincre ses compatriotes d'interrompre les violences. Il est emprisonné, ce qui lui vaut une aura internationale de martyr...

Gandhi poursuit son action avec encore plus de détermination, en s'appuyant sur le parti du Congrès. Il préconise la non-participation (refus des décorations, boycottage des produits anglais...) et prescrit même la grève de l'impôt dans un district du Gudjerat. Il est cependant arrêté puis condamné à 6 ans de prison. Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement va sensiblement s'essouffler.A sa sortie de prison Gandhi appelle à la cohésion nationale et il réclame l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelle affectueusement les harijans ("enfants de Dieu"). Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour qu'ils puissent entrer dans les temples.

Gandhi (1869-1948)
«Quit India !»

En 1930, Gandhi a retrouvé toute sa fougue. Il bénéficie d'une influence considérable. À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le 12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre : "la marche du sel". Son objectif est de dénoncer le monopole anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce qu'il commence la désobéissance civile. Il est de nouveau arrêté, mais cette action convainc les libéraux britanniques d'engager l'Inde dans la voie de l'indépendance.

Dès l'année suivante, celui que Winston Churchill qualifie avec mépris de "fakir à moitié nu" est convié à Londres à une table ronde destinée à débattre d'une hypothétique indépendance de l'Inde. Mais les discussions achoppent très vite sur les modalités de l'indépendance (faut-il accorder aux États princiers le droit de sécession ? quelle garantie pour la minorité musulmane, qui représente alors un quart des 350 millions d'Indiens ? quel statut pour les Intouchables ?...). Le Mahatma est déçu que le Congrès ne le suive pas dans le retour aux valeurs traditionnelles et s'en tienne à la quête de l'indépendance. Il renonce à la présidence du parti.

En janvier 1931 le Vice-Roi Lord Irving le fait libérer. Il échange la libération des prisonniers politiques et la fin des lois sur le sel contre la fin de la désobéissance civile et la participation de Gandhi à une conférence organisée à Londres. Celui-ci accepte et en profite pour visiter l'Europe. Cette table ronde ne sera suivie d'aucun changement notable sur la politique indienne d'autant que Winston Churchill arrive au pouvoir avec l'intention d'écraser le Parti du Congrès. Des milliers de militants sont bientôt arrêtés.    

En août 1932 Gandhi est jeté en prison. Les dissensions entre les communautés s'aggravent et les droits des intouchables sont menacés. Le 20 septembre le Mahatma entreprend une nouvelle grève de la faim. Le gouvernement britannique plie devant la menace de la mort de Gandhi devenu très populaire en Europe.

En 1934 Gandhi se retire de la politique en tant que telle, préférant la laisser aux jeunes leaders du Congrès dont Nehru. Il continue en revanche de se battre pour la cohésion entre les communautés et pour l'éducation des masses, ce qui lui vaudra l'inimitié des extrémistes hindous. Cette année là, Gandhi échappe à la première des cinq tentatives d'assassinat dont il fera l'objet. Lors des élections de 1937, le Congrès obtient la majorité écrasante au parlement indien. Dès lors la marche vers l'autonomie et l'indépendance semble inéluctable.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, les Britanniques engagent l'Inde dans le conflit sans prendre la peine de consulter les représentants de la colonie. Tout au plus le premier ministre Winston Churchill promet-il aux Indiens, à l'issue de la guerre, un statut de dominion similaire à celui du Canada ou de l'Australie. Gandhi refuse de s'engager aux côtés des anglais. Il affirme que seule une Inde indépendante pourrait contribuer à la lutte contre les nazis. Parmi les compagnons de Gandhi, certains comme Jawaharlal Nehru plaident pour ne rien faire qui favorise l'ennemi japonais et son allié allemand. Mais pour Gandhi, l'heure des compromis est terminée. Tout en condamnant la violence et, pire encore, l'alliance avec l'ennemi japonais dans laquelle se compromet l'ultra-nationaliste Bose, le Mahatma lance le 8 août 1942, à Bombay, un mot d'ordre radical à l'adresse des Britanniques : "Quit India!" (Quittez l'Inde!). Il enjoint les britanniques à partir au plus vite et relance le mouvement de désobéissance civile sous la forme de manifestations, boycotts et grèves. Quelques heures plus tard, plusieurs chefs du parti du Congrès sont arrêtés, après que des émeutes aient éclaté. Gandhi et sa femme sont une nouvelle fois incarcérés, cette dernière trouvera la mort lors de sa détention. Gandhi ne sera libéré qu'en mai 1944 par Winston Churchill.

La marche du sel - 12 mars 1930

La joie ternie de l'indépendance

Au terme de la Seconde Guerre mondiale, les travaillistes d'Atlee arrivent au pouvoir en Angleterre. les Britanniques sont résignés à se retirer du sous-continent indien. Nommé le 24 mars 1947 vice-roi et Gouverneur général des Indes, Lord Mountbatten a la lourde tâche de préparer l'indépendance. L'Union indienne célèbre son indépendance le 15 août 1947. Le vice-roi Mountbatten remet les pouvoirs au Premier Ministre Nehru.

Mais cette victoire est trés vite ternie. Les communautés musulmane et hindoue se déchirent. Entre 1946 et 1947, plus de 5 000 personnes sont tuées dans des violences intercommunautaires. Des millions de gens sont déplacés de force afin d’homogénéiser l’implantation des populations selon leurs croyances. Gandhi est viscéralement opposé aux plans qui sépareraient l'Inde en deux pays différents. Beaucoup de musulmans en Inde vivaient aux côtés d'Hindous ou de Sikhs et étaient en faveur d'une Inde unie. Mais la Ligue Musulmane, est très populaire en Inde. Cette organisation est dirigée par Mohammed Ali Jinnah, un avocat musulman chiite, qui prône la création d'un État musulman indépendant et réclame la création d'un état indépendant à majorité musulmane.

Gandhi, lui, reste attaché plus que tout à l'unité de l'Inde et use de toute son influence pour éviter la partition. Il construit un dialogue avec les dirigeants des deux communautés, travaillant à atténuer les tensions dans le nord de l'Inde et le Bengale. C'est un échec, le 15 août 1947 Lord Mountbatten annonce l'indépendance de deux nouvelles nations : le Pakistan et l'Inde.

Malgré la guerre indo-pakistanaise de 1947, Gandhi est troublé quand le gouvernement décide de refuser aux pakistanais les 550 millions de roupies prévus dans les négociations de la partition. Des dirigeants comme Sardar Patel craignent que le Pakistan n'utilise l'argent pour financer la guerre contre l'Inde. Gandhi est aussi choqué quand des demandes sont faites de déporter tous les musulmans au Pakistan, et quand les dirigeants de chaque communauté expriment leur frustration et l’inaptitude à s'entendre entre eux.

Le 13 janvier 1948, Le Mahatma, a 78 ans. Il entre au soir de sa vie dans son dernier combat en entamant une nouvelle et périlleuse grève de la faim pour convaincre hindous et musulmans de déposer les armes. Il demande que toute violence communautaire cesse définitivement, que le Pakistan et l'Inde garantissent l'égalité dans la sécurité et les droits pour les pratiquants de toutes les religions, et que le paiement de 550 millions de roupies soit fait au Pakistan. Gandhi craint que l'instabilité et l'insécurité au Pakistan n’augmente leur colère envers l'Inde, que la violence ne passe la frontière et qu'une guerre civile éclate en Inde à cause de nouvelles tensions: "La mort serait une glorieuse délivrance pour moi plutôt que d'être le témoin impuissant de la destruction de l'Inde, de l'hindouisme, du sikhisme et de l'islam."

Gandhi refuse de céder, et le gouvernement doit faire volte face et payer la somme au Pakistan. Les dirigeants de chaque communauté, incluant le Rashtriya Swayamsevak Sangh et le Hindu Mahasabha lui assurent qu'ils renonceront à toute violence et demanderont la paix. Gandhi rompt alors son jeûne.

La mort de Gandhi

Pourtant la colère des extrémistes n'est pas retombée. Ceux du côté hindou notamment tiennent rigueur à Gandhi de sa trop grande mansuétude à l'égard des musulmans. Le 30 janvier 1948, en chemin vers une réunion de prière, Gandhi est abattu par balles près de Birla House, à New Delhi, par Nathuram Godse, un hindou nationaliste qui a des liens avec le groupe fascisant Hindu Mahasabha. Godse tenait Gandhi pour responsable de la partition de l'Inde et par là de son affaiblissement. Les dernières paroles de Gandhi seront: "Hé Ram" ("Oh Dieu!").

Sa mort provoque une émotion internationale. Deux millions d’Indiens assistèrent à ses funérailles. Selon sa volonté, la plupart de ses cendres furent dispersées dans plusieurs grands fleuves du monde tels que le Nil, la Volga et la Tamise. Godse et son complice Narayan Apte seront jugés et condamnés à mort, puis exécutés le 15 novembre 1949.


video
 Gandhi la Grande Ame
"La vie de l'apôtre de la non-violence – Sa lutte pour l'indépendance de l'Inde" 
"Chroniques filmées du XXème siècle".

La pensée de Gandhi

Gandhi figure au panthéon des plus grandes personnalités du XXe siècle. Il a démontré l'efficacité de la non-violence. Aujourd'hui encore l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde où il est perçu comme le "Père de la nation indienne", même si la société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.    

La foi
Gandhi était né hindouiste et pratiqua l'hindouisme toute sa vie, qui inspira la plupart de ses principes. Comme tout hindou traditionnel, il voyait dans toutes les religions autant de chemins possibles pour atteindre la Vérité et refusait de se convertir à une autre foi. C'était un théologien avide et il lut beaucoup sur toutes les grandes religions. Gandhi croyait que le cœur de toutes les religions était la vérité et l'amour (compassion, non-violence et éthique de réciprocité). Il critiquait l'hypocrisie, les mauvaises pratiques et les dogmes de toutes les religions et fut un réformateur social infatigable.

Plus tard dans sa vie, quand on lui demandait s'il était hindouiste, il répondait : "Oui je le suis. Je suis aussi un chrétien, un musulman, un bouddhiste et un juif."

Gandhi a dédié toute sa vie à la découverte de la vérité ou satya. Il essaya de l'atteindre en apprenant de ses propres erreurs et en pratiquant des expériences sur lui-même. Gandhi établissait que la plus importante bataille à remporter était vaincre ses propres démons, peurs et insécurités. Il résuma ses croyances quand il dit d'abord "Dieu est vérité". Il changea ensuite cette déclaration en "la vérité est Dieu".

Végétarisme
"Jamais je ne consentirais à sacrifier au corps humain la vie d’un agneau. J’estime que, moins une créature peut se défendre, plus elle a droit à la protection de l’homme contre la cruauté humaine"

L'idée du végétarisme est fortement ancrée dans les traditions hindoues et jaïnes, et dans sa terre natale du Gujarat la plupart des hindous et sa famille étaient végétariens. Avant de partir étudier pour Londres, Gandhi avait promis à sa mère qu'il ne mangerait pas de viande. Il tint sa promesse et son végétarisme devint une partie intégrante de sa philosophie de non-violence.

"On reconnaît la grandeur d'une nation à la manière dont elle traite ses animaux". En plus de la dimension éthique du végétarisme il considérait la dimension économique, étant donné que la viande était (et est toujours) plus chère que les céréales, les légumes et les fruits, et aidait ainsi les Indiens qui avaient de faibles revenus. Enfin, la production de viande demande une bien plus grande disponibilité de terres et d'eaux pour l'engraissement des animaux, instaure une monoculture qui favorise l'industrie alimentaire et les grands propriétaires terriens plutôt que les productions locales et variées des paysans indiens possédant de petites parcelles de terre cultivable.

Brahmacharya
Le brahmacharya (pureté spirituelle et pratique) est largement associé avec le célibat et l'ascétisme. Le brahmacharya, qui correspond à l'une des quatre périodes de la vie humaine telle que le théorise l'hindouisme, est à rapprocher d'une forme de discipline du corps dont la visée, spirituelle ou religieuse, est le détachement des sens (lesquels entraveraient la libération de l'âme). Gandhi concevait le brahmacharya comme un moyen de se rapprocher de Dieu et comme la pierre de fondation de sa réalisation personnelle. Pour Gandhi, brahmacharya signifiait "contrôle des sens en pensée, en mots et en actions". Ce contrôle passe par l'arrachement à la racine des passions que l'on veut détruire.

Gandhi n'eut de cesse toute sa vie d'étendre et d'approfondir les domaines d'application de sa recherche de maîtrise des sens. Outre la maîtrise du désir sexuel, il rechercha également à se détacher du plaisir gustatif : formant régulièrement des "vœux", Gandhi supprimait progressivement tel condiment, tel aliment, ou réduisait toujours plus le nombre d'aliments qu'il pouvait ingurgiter.

Non-violence
Le concept de non-violence (ahimsâ) et Résistance non-violente a une longue histoire dans la pensée religieuse indienne et a eu de nombreuses occurrences dans des contextes hindouistes, bouddhistes, jaïnistes et judéo-chrétiens. 

"Alors qu'une bonne action doit appeler l'approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l'acte, qu'il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pécheur » – c'est là un précepte que l'on applique rarement, s'il est aisé à comprendre ; et c'est pourquoi le venin de haine se répand si vite dans le monde. L'ahimsâ est le fondement de la quête de vérité. Il n'est pas de jour où je ne m'aperçoive, en réalité, que cette quête est vaine, si elle ne se fonde pas sur l'ahimsâ. S'opposer à un système, l'attaquer, c'est bien ; mais s'opposer à son auteur, et l'attaquer, cela revient à s'opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. Car la même brosse nous a peints ; nous avons pour père le même et unique Créateur, et de ce fait les facultés divines que nous recélons en nous sont infinies. Manquer à un seul être humain, c'est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier."

"Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer."

Toutefois Gandhi était conscient que la non-violence requérait une foi et un courage incroyable que peu de monde possédait. Il conseillait donc qu’il n’était pas nécessaire que tous restent non-violents, surtout si la non-violence était utilisée pour cacher la lâcheté: "Je crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence." Gandhi pensait que la violence était inefficace et ne pouvait qu’initier une chaîne continue de vengeance. Il disait de la loi du Talion : "Œil pour œil et le monde finira aveugle."

Gandhi rattachait également la non-violence au féminisme. Il l’explique lors d’un discours pendant la marche du sel : "Appeler les femmes le sexe faible est un mensonge. C’est une injustice des hommes faite aux femmes. Si la non-violence est la loi de nos êtres, le futur est avec les femmes."

Gandhi (1869-1948)

Satyagraha
Le satyagraha (« la force née de la vérité et de l'amour ou non-violence ») est l'aboutissement de cette vérité contre des lois ou des systèmes injustes au travers d'une lutte non violente. Gandhi considère même le satyagraha supérieur à la désobéissance civile ou à la résistance non-violente car le terme implique de servir une cause juste et devenait de ce fait l'arme des forts et non plus l'arme des faibles. 

Pour lui cette lutte ne doit engendrer aucune souffrance à l'adversaire, s'il y a souffrance c'est au défenseur de la vérité de la subir : "La recherche de la vérité ne doit admettre qu'aucune violence ne soit infligée à un adversaire, mais qu'il doit sortir de l'erreur par la patience et la sympathie. Parce que ce qui apparaît comme la vérité à l'un peut apparaître comme erreur à l'autre. Et patience signifie auto-souffrance. Donc la doctrine est revendication de la vérité, pas en infligeant des souffrances à son adversaire, mais à soi-même."

Critique du modèle économique occidental

Gandhi pouvait admirer les avancées technologiques et le confort économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu'elle apportait à l'individu. Il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu'elle crée de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui ce type de civilisation est sans issue: "Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira."

La mécanisation et la mondialisation des échanges est pour lui un désastre pour l'Inde.Il prend comme exemple des avancées ressenties de manière globalement positive comme le train, les médecins ou les avocats, qui peuvent être selon lui tout aussi néfastes. Le train parce qu'il peut transporter les maladies aussi rapidement que les passagers et peut entraîner la spéculation et les famines. Les avocats parce qu'ils préfèrent trouver une solution juridique à une solution morale à un conflit, prétendent sans raison aucune à des salaires supérieurs aux travailleurs communs, et renforcent la puissance britannique en Inde. Les médecins parce qu'en accordant des soins ils encouragent la négligence et le manque de prévention individuelle, brisent des tabous religieux et font d'énormes profits avec des médicaments hors de prix.

Pour Gandhi la civilisation indienne n'a rien à envier à l'occidentale avec sa course au développement économique. L'accès à la richesse pour tous est pour lui impossible et l'individu doit lui-même contrôler ses besoins: "L'esprit est un oiseau sans repos ; le plus il obtient et le plus il désire et n'est jamais satisfait. Plus nous satisfaisons nos passions et plus elles deviennent débridées. Nos ancêtres avaient compris cela et placé une limite à nos indulgences. Ils avaient remarqué que le bonheur était surtout une condition mentale."

"La justification de la pauvreté volontaire était l'impossibilité que tous fussent riches. Tous pourraient avoir part à la non-possession ; moins on possède, moins on désire. Je ne prêche pas la pauvreté volontaire à un peuple qui souffre de pauvreté involontaire, mais le grave problème économique national pourrait être résolu facilement si tous ceux qui sont riches voulaient bien se soumettre à la pauvreté volontaire."

Gandhi comprenait les processus économiques comme une force que l'on doit régler par des lois basées avant tout sur la morale et surtout l'harmonie générale entre tous les êtres, et non la laisser « s'auto-régler » par elle-même comme cela se veut dans l'économie de marché, le capitalisme, économie liée à l'offre et à la demande, car, en soi, toute réussite économique est immorale : "L’art de devenir riche, dans le sens commun du terme, n’est pas seulement l’art d’accumuler beaucoup d’argent pour nous-mêmes, mais aussi celui de découvrir comment notre voisin peut en obtenir pour le moins possible. En termes exacts, c’est l’art d’établir le maximum d’inégalités en notre faveur."

Critiquant vivement la « logique » de l'économie de marché, économie réduite à elle-même et comme un pilier incontournable dans les relations internationales (commerciales ou non), Gandhi voyait le refus de bâtir une société équitable mondiale, refus venant de l'Occident et – du fait de la colonisation héritée – du reste du monde, comme une fuite en avant, qui amènerait toujours les plus faibles et démunis dans le gouffre, gouffre symbolisé par Gandhi par les famines, ces dernières étant liées, soit à la guerre, soit à ce mécanisme économique toujours défectueux, car toujours se refusant à se soumettre à des principes moraux de bien-être universel: "Si tous les hommes comprenaient l'éternelle loi morale du service à autrui, ils considéreraient comme un péché d'amasser des richesses ; alors il n'y aurait plus d'inégalité de fortune, et par conséquent plus de famine, plus de gens qui meurent de faim."

La simplicité

Gandhi croyait sincèrement qu'une personne impliquée dans le service social devait mener une vie simple. Sa pratique de l'ascétisme s'inspire de la pensée du philosophe et poète américain Henry David Thoreau. Cette simplicité commença par le renoncement au style de vie occidental qu'il menait en Afrique du Sud. Il appela cela "se réduire soi-même à zéro", "vivre simplement pour que tous puissent simplement vivre" tel était ses valeurs, son mode de vie, ce qui voulait dire abandonner toute dépense superflue, mener une vie simple et laver ses propres vêtements.

Gandhi passait un jour de chaque semaine en silence. Il croyait que s'abstenir de parler lui amenait la paix intérieure. Ces jours-là il communiquait avec les autres en écrivant sur un papier. Pendant 3 ans et demi, à l'âge de 37 ans, Gandhi refusa de lire les journaux, clamant que les nouvelles tumultueuses du monde lui causaient plus de confusion que son propre trouble intérieur. Revenant en Inde après son séjour en Afrique du Sud, il abandonna le port de vêtements occidentaux, qu'il associait à la richesse et au succès. Il s'habilla pour être accepté par les plus pauvres en Inde, et il promut l'utilisation de vêtements tissés à la maison.



Extrait du Le Livre des révélations – Tome II de François Brousse
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, p. 21

Le Livre des Révélations rassemble quatre conférences données en 1979 à Prades et Perpignan. Ces conférences sont axées sur l'étude de deux grands messagers du vingtième siècle et des prophéties sur cette période que nous traversons et que les hindous désignent par le terme de Kali Yuga, cycle de Kali, période d'aboutissement d'un immense cycle.

Cette analyse des grandes prédictions est une recherche de sens dans le grand livre de l'humanité. Elle révèle les évolutions de la conscience humaine, des mouvements de civilisations, avec la confirmation permanente que le libre-arbitre humain est supérieur à tout déterminisme.

Extrait de la conférence de François Brousse du 02/10/1979 sur Gandhi


Citations de Gandhi

La vérité

"Par sa nature même, la vérité porte l'évidence en soi. Dès qu'on la débarrasse des toiles d'araignée de l'ignorance, elle brille avec éclat."
Extrait de La jeune Inde

"C'est une erreur de croire nécessairement faux ce qu'on ne comprend pas."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit."
Extrait de La jeune Inde   

"La vérité est dure comme le diamant et fragile comme la fleur de pêcher."

"Ce qui est vérité pour l'un peut-être erreur pour l'autre."

Extrait des Lettres à l'Ashram

"Les vérités différentes en apparence sont comme d'innombrables feuilles qui paraissent différentes et qui sont sur le même arbre."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n'est pas impossible que tout le monde ait tort."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Mon exigence pour la vérité m'a elle-même enseigné la beauté du compromis."
Extrait de Autobiographie ou Mes expériences de vérité   
  
"La vraie moralité ne consiste pas à suivre les sentiers battus, mais à découvrir ce qui est pour nous-mêmes la vraie voie et à la suivre avec intrépidité. Tout véritable progrès est impossible sans une telle poursuite acharnée de la vérité."
Extrait des Lettres à l'Ashram   

La tolérance

"La véritable éducation consiste à tirer le meilleur de soi-même. Quel meilleur livre peut-il exister que le livre de l'humanité ?"
Extrait de Tous les hommes sont frères

"La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents."
Extrait de Tous les hommes sont frères

"S'abstenir de punir n'est pardon que quand il existe le pouvoir de punir."

"Je n'aime pas le mot tolérance, mais je n'en trouve pas de meilleur."

"Tout compromis repose sur des concessions mutuelles, mais il ne saurait y avoir de concessions mutuelles lorsqu'il s'agit de principes fondamentaux."

Extrait de Harijan   

"Lorsque nous critiquons, il faut le faire avec une humilité et une courtoisie qui ne laisse subsister aucune amertume."
Extrait des Lettres à l'Ashram

Non violence et Amour

"Les moyens peuvent être comparés à une graine et la fin à un arbre ; et il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu'entre la graine et l'arbre."Extrait de Indian Home Rule

"C'est une erreur de croire qu'il n'y ait pas de rapport entre la fin et les moyens, et cette erreur a entraîné des hommes considérés comme croyants à commettre de terribles crimes. C'est comme si vous disiez qu'en plantant des mauvaises herbes on peut récolter des roses."

"La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est momentanée."


"L'hymne de la haine ne profite pas à l'humanité."

Extrait de Discours et écrits   

"La fibre la plus coriace doit s'amollir dans le feu de l'amour. Si elle ne fond pas, c'est que le feu n'est pas assez fort."
Extrait de La Jeune Inde   

"Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble produire le bien, le bien qui en résulte n'est que transitoire, tandis que le mal produit est permanent."
Extrait de La Jeune Inde   

"Ayez de la haine pour le péché et de l'amour pour le pécheur."

"L'épée de la résistance passive n'a pas besoin de fourreau et nul ne peut en être dépossédé par la force."

"Puisque j'ai rejeté l'épée, il n'est plus rien d'autre que la coupe de l'amour que je puisse offrir à ceux qui se dressent contre moi."

Extrait des Lettres à l'Ashram

"Appeler les femmes "le sexe faible" est une diffamation ; c'est l'injustice de l'homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité, l'avenir appartient aux femmes."
Extrait de Tous les hommes sont frères

"Si la non-violence est la loi de l'humanité, l'avenir appartient aux femmes. Qui peut faire appel au coeur des hommes avec plus d'efficacité que la femme ?"

"La non-violence est la loi de notre espèce tout comme la violence est la loi de l'animal."

Extrait de Ganesh   

"La non-violence ne consiste pas à renoncer à toute lutte réelle contre le mal. C'est au contraire, contre le mal, une lutte plus active et plus réelle que la loi du talion."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Là où il n'y a le choix qu'entre lâcheté et violence, je conseillerai la violence."

"Le fait de s'incliner n'humilie pas l'agresseur mais l'élève."

Extrait des Lettres à l'Ashram

"La non-violence, sous sa forme active, consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe. C'est l'amour pur."
Extrait de La jeune Inde   

"L'amour est ce qu'il y a de plus fort au monde, cependant on ne peut rien imaginer de plus humble."

Religion et Morale

"La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre."

"Le ciel et la terre sont en nous."

"En réalité il existe autant de religions que d'individus."

Extrait de Indian Home Rule

"Celui qui est parvenu au coeur même de sa religion est aussi parvenu au coeur des autres religions."Extrait de Autobiographie ou Mes expériences de vérité

"Les religions sont comme des routes différentes convergeant vers un même point. Qu'importe que nous empruntions des voies différentes, pourvu que nous arrivions au même but."
Extrait de Indian Home Rule

"Les principes de la religion sont une chose, les pratiques qui les prennent pour base en sont une autre. Les principes sont absolument indépendants du temps et de l'espace. Les pratiques changent selon l'époque et selon le lieu."
Extrait de La Jeune Inde   

"Les systèmes économiques qui négligent les facteurs moraux et sentimentaux sont comme des statues de cire : ils ont l'air d'être vivants et pourtant il leur manque la vie de l'être en chair et en os."

Extrait des Lettres à l'Ashram   

"L'homme est soumis à l'obligation de se laisser guider dans toutes ses actions par des considérations morales."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Dès que nous perdons la base morale, nous cessons d'être religieux. La religion ne saurait renverser et supplanter la moralité."
Extrait de La jeune Inde   

"La spiritualité... demande d'abord une culture du coeur, une immense force, une intrépide sans faille. Les couards ne peuvent satisfaire à une morale."

La simplicité

"La machine a gagné l'homme, l'homme s'est fait machine, fonctionne et ne vit plus."

"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité."

"Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre."

"Celui qui veut nager dans l'océan de vérité, doit se réduire à zéro."

Extrait de La Jeune Inde

"Si chacun ne conservait que ce dont il a besoin, nul ne manquerait de rien, et chacun se contenterait de ce qu'il a."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Moins on possède, moins on désire."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"La civilisation ne consiste pas à multiplier les besoins mais à les réduire volontairement, délibérément. Cela seul amène le vrai bonheur."
Extrait des Lettres à l'Ashram

Divers

"Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous."

"Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde."

"Un pas à la fois me suffit."

"Je connais le chemin : il est étroit, comme le fil d'une épée. Je me réjouis si je parviens à le suivre. Je pleure si j'en dévie."

"Le progrès spirituel exige de nous que nous cessions de tuer les autres êtres vivants pour nos besoins corporels."

"Un homme cruel avec les animaux ne peut être un homme bon."

"On peut juger de la grandeur d'une nation par la façon dont les animaux y sont traités."

"C'est dans l'effort que l'on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Il n'y aura jamais d'égalité tant qu'on se sent inférieur ou supérieur à autrui. Entre égaux il ne saurait y avoir de condescendance."
Extrait de La jeune Inde   

"Le patriotisme n'est pas exclusif : c'est la même chose que l'humanité. Je suis patriote parce que je suis homme et humain."
Extrait des Lettres à l'Ashram

"Le bonheur c'est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles."

"A l'instant où l'esclave décide qu'il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent."
Extrait de Non-violence in Peace and War   

"Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours."

"Ma vie est mon seul enseignement."

"Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela."

   

mardi 4 décembre 2012

L'abbaye de Fontenay, Bourgogne, Côte-d'Or (21)

L'abbaye de Fontenay est une abbaye cistercienne (aujourd'hui désaffectée) fondée en 1118 sur la commune française de Marmagne, dans le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne. Elle est située à la confluence de la combe Saint-Bernard et de la vallée du ruisseau de Fontenay, entourée d'une forêt dense.

Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne d'Europe, caractéristique par son dépouillement dans l'ornementation. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1862, et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981. L´abbaye a traversé plus de huit siècles sans que le temps n´altère sa magnifique architecture romane.

Abbaye de Fontenay - vue du ciel

L'abbaye de Fontenay, fondée par Bernard de Clairveaux en 1118, est entourée d'une forêt, participant à rendre le lieu serein et apaisant. Fontenay se veut consacrée à la recherche de Dieu et non aux fastes et extravagances.  L’ancienne Abbaye de Fontenay (XIIème siècle) est l’un des premiers monuments français à avoir été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ce classement a distingué en 1981 la valeur exceptionnelle de Fontenay et de son environnement.

Epargnée après la Révolution Française, elle a conservé l’ensemble de ses bâtiments de style roman : l’église, le dortoir, le cloître, la salle capitulaire, le scriptorium, et la forge.

L’abbaye est située au creux d’un vallon entièrement préservé sur une étendue de deux hectares. Le parc paysagé de l’Abbaye de Fontenay a été classé "Jardin Remarquable" en 2004 par le Conseil National des Parcs et Jardins.


Abbaye de Fontenay -Cloître

Histoire

L'abbaye de Fontenay, fondée en 1118 par Bernard de Clairvaux. Elle est consacrée par le pape cistercien Eugène III le 21 septembre 1147 en présence de dix cardinaux, huit évêques et de nombreux abbés du jeune Ordre, dont celui de Clairvaux.

 * Le premier abbé est Geoffroi de la Roche-Vanneau, proche de Bernard de Clairvaux, dont il était cousin et l’un des compagnons lorsque celui-ci entra à Cîteaux, l’un des premiers moines de Clairvaux et bénéficiant toute sa vie de la confiance de l’abbé de Clairvaux. Il démissionne en 1126 pour revenir à Clairvaux, où il remplace le prieur parti fonder Igny. Il deviendra ensuite évêque de Langres où Bernard de Clairvaux le poussa et l’installa, au péril de la querelle (« la tempête de Langres » selon le mot de Pierre le Vénérable) de 1139 à 1162 (date incertaine), avant de se retirer une nouvelle fois à Clairvaux pour y mourir en 1165.
* Son successeur est Guillaume d’Épiry (de Spiriaco), autre parent de Bernard de Clairvaux. Sous son abbatiat, en 1131, Fontenay fonde l’abbaye des Écharlis. Il reçoit, vraisemblablement en 1145, Ebrard ou Everard de Calne, évêque de Norwich consacré le 21 juin 1121, ancien chapelain du roi Henri Ier Beauclerc, qui se retire à Fontenay, peut-être pour expier des aliénations du temporel épiscopal.

* Le troisième abbé est Arnaud de Bourgogne (vers 1154-1162). Bien qu'absent des généalogies ducales, certains auteurs font de lui un fils du duc Hugues II de Bourgogne, et donc un frère du duc Eudes II de Bourgogne, de Henri, évêque d'Autun et de Gautier, évêque de Langres.

* En 1170 : Bulle du pape Alexandre III qui confirme l'abbaye dans ses biens et permet aux moines d'élire un abbé.

* Aux XIIe et XIIIe siècles, l'abbaye est très prospère, les moines y développent des activités métallurgiques et sidérurgiques. À cette époque un hôtel particulier est bâti à Montbard pour l'abbé : le Petit Fontenet, qui sera plus tard occupé par Buffon.
* En 1259, le roi de France Saint Louis exempte l'abbaye de tout droit fiscal.
* En 1269, Fontenay devient abbaye royale : Les rois Jean II, puis Charles VIII, et Louis XII continueront ces largesses.

Abbaye de Fontenay -Cloître


Malgré cette protection royale, elle est pillée à plusieurs reprises pendant les guerres qui ravagent la Bourgogne. Elle jouit d'une influence croissante jusqu'au XVIe siècle. Mais l'instauration du régime de la "commende", qui supprime l'élection des abbés par les moines au profit de l'arbitraire royal, marque le début du déclin.

À partir du XVIIIe siècle, l'abbaye de Fontenay n'est plus que l'ombre de ce qu'elle avait été : les moines sont obligés, faute de pouvoir l'entretenir financièrement, de détruire le réfectoire. L'Hôtel particulier de Montbard, le Petit Fontenet est vendu en 1768 au naturaliste Buffon qui y installe sa Bibliothèque et son laboratoire de Chimie. La Révolution ne chasse qu'une dizaine de moines de l'abbaye alors qu'elle en avait abrité plusieurs centaines.

Abbaye de Fontenay -Cloître


* En 1791, l'abbaye est vendue pour 78 000 Francs, avec toutes ses terres à Claude Hugot qui la transforme en papeterie, elle le reste pendant près d'un siècle.
* En 1820, elle devient la propriété d'Élie de Montgolfier (de la famille des inventeurs de la montgolfière).

* En 1906, l'abbaye est rachetée par Édouard Aynard, banquier lyonnais et amateur d'art. Entre 1905 et 1911 de grands travaux de restauration sont entrepris pour lui rendre son aspect médiéval. Les usines sont démolies, le sol de l'église dégagé sur 80 cm et l'aile gauche du cloître est remontée pierre par pierre.

* En 1981, l'abbaye est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

* En 2006, elle est toujours la propriété de la famille Aynard. On peut en visiter une grande partie.


L'église abbatiale

Elle a été construite de 1127 à 1150 selon un plan cruciforme et des proportions qui lui valent d'être considérée comme une église-type de l'architecture cistercienne. Elle mesure 66 mètres de long, le transept mesurant 19 mètres. La nef de 8 m de large, est flanquée de deux bas-côtés. Les arcades sont en voûte brisée reposant sur des colonnes aux chapiteaux à décor lancéolé avec un faible relief, respectant ainsi la règle cistercienne. 

Abbaye de Fontenay - L'église abbatiale - Façcade


Le chœur, de forme carrée, est plus bas que la nef. Le pavage est fait de céramiques, qui recouvraient auparavant l'ensemble du sol de l'édifice. Au Moyen Âge, la façade était précédée d'un porche.

À l'intérieur, on peut admirer une Vierge à l'enfant datant du XIIIe siècle. Cette statue fut longtemps exposée aux intempéries dans le cimetière de Touillon (commune voisine de l'abbaye). La Vierge porte l'enfant Jésus sur son bras gauche, il entoure le cou de sa mère de son bras droit et tient sur sa poitrine une colombe aux ailes déployées avec sa main gauche. Nul autre mobilier n'est visible, les stalles originales ayant été abîmées par l'humidité, obligeant à un relèvement du sol de près d'un mètre à la fin du XVIIIe siècle.

Abbaye de Fontenay - L'église abbatiale -Intérieur


 Le cloître

Le cloître est une galerie couverte encadrant la cour du monastère. Il s'agit d'une des parties les plus remarquables du site. Il mesure trente-six mètres sur trente-huit, les quatre galeries, tout en conservant une grande unité, présentent certaines différences de construction. Elles sont composées chacune de huit travées formant archivolte et double arcades reposant sur des piliers avec double colonnettes à chapiteaux lancéolés. 
Abbaye de Fontenay - Galeries du cloître
C'est le cœur de l'abbaye, car c'est là que se croisaient les moines, la galerie située à l'est, était la plus fréquentée, car elle est en prise directe sur la nef de l'église, et menait les moines aux offices, à la salle capitulaire et à son extrémité sud, un escalier menait au dortoir. En 1911, lors de travaux, on y découvrit l’armarium qui était l'armoire creusée dans le mur dans laquelle les moines déposaient leurs livres avant d'aller aux offices. La galerie sud est la galerie du réfectoire. Elle contenait un lavabo, disparu depuis, côté cour, en face de la porte du réfectoire. Dans le cloître, se déroulaient les processions, des promenades de lecture ou de prière.

Abbaye de Fontenay - Galerie du cloître


La salle capitulaire (ou chapitre)

C'est la partie la plus importante de la vie de l'abbaye, c'est là qu'étaient prises les décisions concernant la communauté après lecture d'un chapitre de la Règle de Saint Benoît. Elle s'ouvre sur la galerie Est du cloître par une grande arcade cintrée, flanquée de chaque côté d'une double baie. À l'origine la salle capitulaire était parfaitement carrée, elle était formée de trois larges travées en voûte d'ogive et reposant sur des colonnettes, la troisième travée fut détruite par un incendie vers 1450. Au début du XXe siècle on a abattu la cloison entre la salle capitulaire et le parloir. Les clés de voûte sont ornées par un motif floral simple.

Abbaye de Fontenay - Salle capitulaire

 
La salle des moines

Dans le prolongement de la salle capitulaire et du parloir, se trouve la salle des moines, c'est sans doute ici que les moines copistes recopiaient et enluminaient les manuscrits. Elle mesure trente mètres de long, elle est recouverte de douze voutes d'ogives formant six travées.

Abbaye de Fontenay - Salle des moines

Le dortoir 

Le dortoir occupe tout le premier étage du bâtiment des moines, au-dessus de la salle capitulaire. On y accède par un escalier d'une vingtaine de marches. Il fut incendié au XVe siècle, et la charpente fut remplacée par celle que l'on peut admirer de nos jours et qui a une forme de coque de navire renversé. 

La règle de Saint Bernard imposait une salle commune avec des paillasses disposées à même le sol, et non des chambres individuelles.


Abbaye de Fontenay - Le dortoir


La forge

Le bâtiment se trouve à la limite sud de la propriété, il mesure cinquante-trois mètres de long sur treize mètres cinquante, sur voutes d'ogives reposant sur des colonnes centrales et aux murs sur des culots en pyramide tronquée. Il a été construit par les moines à la fin du XIIe siècle afin de travailler le minerai qui étaient extrait de la colline dominant le monastère. La dérivation du ruisseau de Fontenay, le long du mur de la forge, faisait tourner des roues qui actionnaient les martinets pour battre le fer.

Abbaye de Fontenay - La forge


Les bâtiments qui ne se visitent pas

Abbaye de Fontenay - Salle des moines
* Pigeonnier et chenil

* L'enfermerie qui comme son nom l'indique devait servir de prison, édifiée au XVIe siècle sur l'emplacement de l'ancien réfectoire des moines.

* La galerie Seguin datant de 1850.

* Le logis abbatial et la maison rouge, destinés aux abbés nommés par le pape, habitations coquettes, loin de la rigueur cistercienne.

* Le pigeonnier et le chenil.

* L'infirmerie, à l'écart de l'abbaye proprement-dite.

* La porterie, destinée à abriter le frère portier.



Coordonnées

Abbaye de Fontenay
Adresse : BP 6
CP et Ville : 21500 - Marmagne
Tél : 03 80 92 15 00
Fax : 03 80 92 16 88
Mail : info@abbayedefontenay.com
Site : www.abbayedefontenay.com

Document interactif: Une abbaye au Moyen-Age


Abbaye de Fontenay - L'église abbatiale -Intérieur

Abbaye de Fontenay - Galeries du cloître

Abbaye de Fontenay - Détail galerie du cloître