mercredi 26 juin 2013

L'oiseau et le vieux sage


Un très vieux sage vivait tout là haut dans une montagne aux pentes très abruptes. Les gens d'en bas, dans la plaine, allaient régulièrement le consulter lorsque se présentait un problème insoluble pour eux. Et vous savez quoi, le vieux sage avait toujours la solution juste.

Pour se faire, les gens d'en bas devaient escalader cette montagne aux pentes très abruptes pendant trois jours et trois nuits pour le consulter, c'était une tâche très ardue.

Un beau jour, les gens d'en bas se réunirent pour parler du vieux sage.

Un jeune homme de forte tête leur dit qu'il en avait assez d'avoir à grimper la montagne à chaque fois qu'il avait une question d'ordre existentielle. Il en avait assez et voulait que cela cesse et ne plus avoir à grimper là-haut pour consulter le vieux sage et tenter de mettre celui-ci en déroute avec une question piège. En fait, il demanda aux gens qui étaient avec lui de l'aider.

Il imagina toute sortes de questions et chaque fois que quelqu'un en proposait une nouvelle, une autre personne disait : "je lui ai déjà demandé cela et il m'a répondu".

Alors le jeune homme entêté à réussir son exploit, à savoir, intimider le vieux sage, dit :

« Je sais, je vais attraper un oiseau à l'aide d'une cage et lorsque je serai en face du vieux sage je lui demanderai: est-ce que l'oiseau que je tiens dans mes mains est mort ou vivant ? S'il répond qu'il est mort, je le laisse s'envoler, et s'il répond qu'il est vivant je le tue et lui montre l'évidence de sa tromperie. »

Alors tous les habitants d'en bas escaladèrent la montagne pendant trois jours et trois nuits pour voir la défaite du vieux sage. Ils arrivèrent en haut avec les vêtements tout déchirés un peu partout, et voilà que le jeune homme dit : bonjour vieux sage comment allez-vous ?

Le vieux sage regarda chacun, un par un dans les yeux en les scrutant de haut en bas. Notre jeune homme dit alors, vieux sage, nous avons une question pour toi, « L'oiseau que je tiens dans mes mains, est-t-il mort ou vivant ? » Alors le vieux sage ragarda chacun encore dans les yeux un par un en prenant son temps et en les scrutant de haut en bas.

Ensuite le vieux sage regarda le jeune homme et dit : 
« Mon jeune ami, . . . la Vie de cet oiseau est entre vos mains »

Extrait du film "Sleepy Hollow" de Tim Burton


jeudi 20 juin 2013

Le Blé (Poèmes) - Jean Jaurès (1859-1914)


N’est-ce pas l’homme aussi qui a créé le blé ?

Les productions que l’on appelle naturelles ne sont pas pour la plupart – celles du moins qui servent aux besoins de l’homme – l’œuvre spontanée de la nature. Ni le blé, ni la vigne n’existaient avant que quelques hommes, les plus grands des génies inconnus, aient sélectionné et éduqué lentement quelque graminée ou quelque cep sauvage.

C’est l’homme qui a deviné, dans je ne sais quelle pauvre graine tremblant au vent des prairies, le trésor futur du froment. C’est l’homme qui a obligé la sève de la terre à condenser sa fine et savoureuse substance dans le grain de blé ou à gonfler le grain de raisin. Les hommes oublieux opposent aujourd’hui ce qu’ils appellent le vin naturel au vin artificiel, les créations de la nature aux combinaisons de la chimie. Il n’y a pas de vin naturel.

Le pain et le vin sont un produit du génie de l’homme. La nature elle-même est un merveilleux artifice humain. Sully-Prudhomme a surfait l’œuvre du soleil dans son vers magnifique :

Soleil, père des blés, qui sont pères des races !

L’union de la terre et du soleil n’eût pas suffi à engendrer le blé. Il y a fallu l’intervention de l’homme, de sa pensée inquiète et de sa volonté patiente. Les anciens le savaient lorsqu’ils attribuaient à des dieux, image glorieuse de l’homme, l’invention de la vigne et du blé.

Mais, depuis si longtemps, les paysans voient les moissons succéder aux moissons et les blés sortir de la semence que donnèrent les blés ; la création de l’homme s’est si bien incorporée à la terre, elle déborde si largement sur les coteaux et les plaines que les paysans, tombés à la routine, prennent pour un don des forces naturelles l’antique chef-d’œuvre du génie humain.

Et comment, en effet, sans un effort de l’esprit, s’imaginer de façon vivante que cette grande mer des blés qui, depuis des milliers d’années roule ses vagues, se couchant, dorée et chaude en juin, pour redresser en mars son flot verdissant et frais, gonflé encore peu à peu en une magnifique crue d’or, comment s’imaginer que cette grande mer, dont les saisons règlent le flux et le reflux, a sa source lointaine dans l’esprit de l’homme ?

vendredi 14 juin 2013

La monnaie

La monnaie est l'instrument de paiement en vigueur en un lieu et à une époque donnée. Elle est censée remplir trois fonctions principales :

-Intermédiaire dans les échanges : la capacité d’éteindre les dettes et les obligations, notamment fiscales, constitue le « pouvoir libératoire » de la monnaie.

-Réserve de valeur;

-Unité de compte pour le calcul économique ou la comptabilité;

Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d'échange. Elle a donc des dimensions sociales, politiques, psychologiques, juridiques et économiques. En période de troubles, de perte de confiance, une monnaie de nécessité peut apparaître.

La monnaie a pris au cours de l'histoire les formes les plus diverses : bœuf, sel, nacre, ambre, métal, papier, etc. Après une très longue période où l'or et l'argent (et divers métaux) en ont été les supports privilégiés, la monnaie est aujourd'hui presque entièrement dématérialisée et circule majoritairement sous des formes scripturales, notamment sur support électronique.

Chaque monnaie est définie, sous le nom de devise, pour une zone monétaire donnée (le plus souvent un État). Elle y prend la forme de dépôts, de billets de banque et de pièces de monnaie, dites aussi monnaie divisionnaire. Les devises s'échangent entre elles dans le cadre du système monétaire international. De facto depuis 1973 où les parités des principales monnaies mondiales cessent d'être défendues, les devises ne sont plus étalonnées directement ou indirectement par un poids de métal précieux. Leurs valeurs relatives fluctuent sur un marché international des devises dans le cadre d'un système de changes dits flottants ou flexibles.




Les aspects psychologiques de la monnaie

La monnaie est normalement le compagnon de tous les jours du citoyen. La confiance qu'il a en sa monnaie a des influences extrêmement importantes sur l'activité économique. Une action psychologique visant à rassurer la population a été pratiquée en tous temps. La monnaie stimule la mythification de certains personnages.

Tous les grands plans lancés actuellement pour faire face à la crise monétaire, bancaire, boursière et économique en cours ont une forte dimension d'action psychologique. L'affichage de plans de sauvetage gigantesques et de plans de relance colossaux est aussi largement d'essence psychologique.

S'ils n'ont pas permis de supprimer le pessimisme ambiant ni d'altérer le cours de la récession, ils ont tout de même réussi à conjurer une panique bancaire et une ruée désastreuse sur les dépôts. La psychologie du consommateur et de l'épargnant qui le pousse soit à l'euphorie soit à une rétraction très forte est une force économique de première importance. Mais il est très difficile de l'influencer.

L'or, valeur psychologique s'il en est, est un bon indice de la confiance. Bien que démonétisé, il est le refuge en cas de peur sur la monnaie. Actuellement, le dollar a perdu environ 95 % de sa valeur en or, traduisant l'effet de l'inflation rampante depuis 1971 et celui d'une certaine fuite devant cette monnaie. Cette dévaluation est d'autant plus remarquable que la production d'or est au plus haut. Alors qu'il n'avait été extrait que 45 360 tonnes de l'origine des temps à 1956, 102 700 tonnes ont été extraites après 1956. Les monnaies ne se sont pas dévaluées par rapport à un métal plus rare mais beaucoup plus abondant…


L'argent dette - par l'artiste et vidéographe Paul Grignon

dimanche 9 juin 2013

Question de point de vue


Apprendre à voir les problèmes et les situations qui se présentent d'un autre point de vue, c'est là toute la réflexion sous-tendue par cette petite histoire qui circule sur Internet...


De retour à la maison, dans votre voiture sport, en plein milieu d'une terrible tempête, vous passez devant un arrêt de bus et vous y voyez 3 personnes :

a) Une dame âgée gravement malade et qui mourra si elle n'arrive pas à l'hôpital à temps.

b) Un médecin, bon ami à vous, qui vous a sauvé la vie il y a quelques années.

c) L'être le plus beau que vous n'avez jamais eu la chance de rencontrer, la personne à qui vous avez toujours rêvé et avec laquelle vous seriez disposé à passer le reste de votre vie.

Comme votre auto est du genre sport, vous pouvez seulement amener un passager.

Que feriez-vous si vous étiez dans cette situation ?




Et si la réponse était: 

"Je donne les clés de mon auto au médecin pour qu'il amène la madame âgée à l'hôpital et je reste pour attendre l'autobus avec la personne de mes rêves"

mardi 4 juin 2013

Rien ne sert de courir...



Une vieille légende Hindouiste raconte qu’il fut un temps où tous les hommes étaient des dieux.

Comme ils abusèrent de ce pouvoir, Brahma, le maître des dieux, décida de le leur retirer et de le cacher dans un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

Oui, mais où?

Brahma convoqua en conseil les dieux mineurs pour résoudre ce problème.

-Enterrons la divinité de l’homme, proposèrent-ils.

Mais Brahma répondit:
-Cela ne suffit pas, car l’homme creusera et trouvera.

Les dieux répliquèrent:
-Dans ce cas, cachons-la tout au fond des océans.

Mais Brahma répondit:
-Non, car tôt ou tard l’homme explorera les profondeurs de l’océan. Il finira pas la trouver et la remontera à la surface.

Alors, les dieux dirent:
-Nous ne savons pas où la cacher, car il ne semble pas exister sur terre ou sous la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.

Mais Brahma répondit:
Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme: nous la cacherons au plus profond de lui même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.

Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme explore, escalade, plonge et creuse, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.