samedi 28 septembre 2013

L'âme de l'argent - Lynne Twist (1945-)

L'âme de l'argent - 2003

Cet ouvrage nous montre qu'à travers un simple examen de notre rapport à l'argent (la façon dont on le gagne, le dépense, le partage, le garde) nous montre quelles sont nos valeurs primordiales.

Dans une société de consommation qui glorifie la publicité, la vente et l'avidité insatiable comme mesure de la valeur personnelle, Lynne Twist nous amène dans son livre à nous distancier et à réexaminer notre rapport à l'argent afin d'évaluer notre connexion aux principes humains fondamentaux. En vivant consciemment et pleinement ce rapport à l'argent, nous pouvons considérablement transformer tous les aspects de notre vie.

Lynne Twist, mandataire d'une fondation humanitaire, fondatrice de la Pachamama Alliance (qui travaille avec les indigènes à la sauvegarde de la forêt équatoriale), collectrice de fonds pour l'association Hunger Project, elle a voyagé en Amérique du Sud et œuvré avec des civilisations qui ne connaissent le concept d'argent que depuis peu de temps. Elle travaille à la fois avec les plus démunis sur terre (privés des ressources essentielles comme les habitants du Sahel) et les plus fortunés habitant les nations opulentes telles que la France, la Finlande, les États Unis...

L'argent signifie pour chaque civilisation des choses différentes. Comme elle l'évoque dans son introduction, l'argent exerce une emprise puissante sur nos vies, il nous inflige des blessures et des épreuves, et la plus petite somme peut être garante d'un extraordinaire pouvoir de guérison lorsque nous l'employons pour exprimer notre âme humaine, nos idéaux les plus nobles et les valeurs et allégeances qui nous tiennent à cœur.

Pour Lynne Twist examiner notre lien à l'argent peut amener la paix de l'esprit.


Lynne Twist
Extrait :

L'avion a atterri à New York en plein orage, et je suis finalement arrivée à destination: une vieille église de Harlem, dans le sous-sol de laquelle environ soixante quinze personnes s'étaient rassemblées pour la soirée.Quel contraste avec les luxueux bureaux que j'avais quittés quelques heures auparavant! A cause de la pluie, l'eau s'infiltrait un peu partout dans la salle. Çà et là le long des murs, des seaux avaient été disposés où les fuites s'accumulaient. En arrière-plan, la pluie tambourinait et l'on entendait le bruit régulier de l'eau dégoulinant le long des murs et du plafond. J'étais à la fois intimidée et soulagée, plus à l'aise au sein de cette assemblée communautaire que dans les bureaux de cette compagnie. J'étais toutefois consciente d'être la seule blanche présente, et la robe de soie qui avait eu pour but d'impressionner le chef de la direction de la grosse compagnie alimentaire de Chicago me paraissait déplacée et ridicule dans ces circonstances. Un seul regard sur l'assistance m'apprit que les gens présents n'avaient pas beaucoup de sous à offrir. je leur ai parlé de l'engagement en Afrique de Hunger Project, car je croyais que c'était le sujet le plus directement lié à leur vie et à leur héritage. Le moment venu de solliciter des dons, j'avais les mains moite; je n'étais plus certaine que c'était ce qu'il fallait faire. J'ai tout de même formulé ma requête. Un silence de plomb s'est abattu sur la salle.

Après ce qui m'a paru un interminable interlude silencieux, une femme se leva. Son siège était près de l'allée, vers l'arrière de la pièce. Elle avait environ soixante-dix ans, et ses cheveux gris étaient séparés par une raie au milieu et convenablement noués en chignon. Debout, bien droite, elle était grande, mince et altière. "Ma fille, commença-t-elle, je m'appelle Gertrude, j'aime bien ce que tu racontes et je t'aime bien. Par contre, je n'ai pas de compte en banque ni de carte de crédit. En ce qui me concerne, l'argent c'est comme l'eau. Pour certains, il jaillit dans leur vie comme une rivière tumultueuse. Dans la mienne, il ruisselle sous forme de rigole. Je voudrais cependant le partager de manière à faire le plus de bien possible au plus grand nombre de gens possible. J'estime que c'est mon droit et ma responsabilité. C'est aussi une joie. J'ai cinquante dollars dans mon sac à main, que j'ai gagnés en faisant la lessive d'une femme blanche, et je tiens à te l'offrir." (...)

L'argent de Gertrude était imprégné de son désir de faire le bien; il portait le sceau de son âme. En acceptant son don, je me suis sentie inspirée et régénérée par cette expression d'intégrité et de détermination. (...) Le montant exact et ce qu'il permettait d'acheter étaient d'une importance moindre que le pouvoir de cet argent qui circulait avec une raison d'être, une intention bienveillante et l'énergie du cœur. Gertrude m'a enseigné que ce pouvoir émane vraiment de l'intention avec laquelle l'argent est donné et de l'intégrité avec laquelle nous le distribuons dans le monde.(...) 

Gertrude m'a donc enseigné que l'argent est comme l'eau. Il circule dans notre vie à tous, parfois telle une rivière tumultueuse, parfois tel un ruisselet. Quand il passe, il purifie, nettoie, suscite la croissance et nourrit. En revanche s'il s'immobilise ou reste captif trop longtemps, il devient stagnant et toxique pour ceux qui le détiennent ou l'entassent.

Comme l'eau, l'argent est un transporteur. Il peut porter l'énergie bénie d'une intention et d'une potentialité, ou véhiculer le contrôle, la domination et la culpabilité. Tantôt il sera un courant d'amour, un conduit pour l'engagement, tantôt il apportera le mal et la douleur.

dimanche 22 septembre 2013

Les quatre accords Toltèques - Miguel Ruiz (1952-)

Les quatre accords Toltèques - Editions Poche Jouvence
Né en 1952 dans une famille de guérisseurs au Mexique, Miguel Ruiz devient neurochirurgien, avant qu’une NDE (near death experience, « expérience de mort imminente ») dans les années 1970 ne transforme sa vie. Il décide alors de retrouver le savoir de ses ancêtres toltèques, devient chaman et se donne pour mission de transmettre cette sagesse au plus grand nombre. Après des années d’enseignement et d’écriture, il est victime d’une attaque cardiaque en 2002, à laquelle il a survécu. Il passe alors le relais à son fils, José Luis Ruiz.

Dans ce livre, l'auteur nous révèle la source des croyances limitatrices qui nous privent de joie et créent des souffrances inutiles. Il montre comment on peut se libérer du conditionnement collectif - le "rêve de la planète", basé sur la peur - afin de retrouver la dimension d'amour inconditionnel qui est à notre origine et constitue le fondement des enseignements toltèques que Castenada fut le premier à faire découvrir au grand public.

Miguel Ruiz propose de passer avec soi quatre accords visant à briser nos croyances limitatives. Celles que nous développons depuis l’enfance, qui distordent la réalité et nous maintiennent dans la souffrance. A force de conditionnements culturels et éducatifs (sur ce qui est juste ou faux, bon ou mauvais, beau ou laid) et de projections personnelles (« Je dois être gentil », « Je dois réussir »…), nous avons intégré une image fausse de nous-même et du monde.

Ces idées ne sont pas nouvelles. Elles reprennent les principes de la thérapie cognitive, qui démontrent à quel point le manque de distance ou la généralisation abusive sont des pièges. Le talent de l’auteur est d’expliquer ces quatre accords avec des mots simples, qui frôlent parfois la naïveté et des cas concrets. Miguel Ruiz n’ordonne rien. Il laisse entendre que s’il a pu s’approprier ces accords, tout le monde peut le faire.

Les quatre accords en question se résument ainsi :


Que votre parole soit impeccable

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous ni pour médire d’autrui.

Miguel Ruiz rappelle le pouvoir du verbe sur le psychisme. Qui n’a pas gardé en mémoire une phrase blessante d’un parent ? Et ne la fait pas encore résonner une fois adulte ? La parole est un outil qui peut détruire. Ou construire. Contrairement à ce que nous croyons souvent, les mots ont du poids : ils agissent sur la réalité. Par exemple, dites à un enfant qu’il est enrobé et il se sentira gros toute sa vie.

Comment s’y prendre ? En cultivant la modération dans ses propos : ne pas en dire trop, ni trop vite. Et cela commence dans le discours que l’on se tient à soi-même : "La clé, c’est l’attention à notre discours intérieur". Les critiques et les jugements que nous cultivons sur autrui, mais aussi les sempiternels "Je suis nul" , "Je suis incapable" ou "Je ne suis pas beau" que nous entretenons à notre sujet sont des paroles négatives qui polluent notre mental. Or, elles ne sont que projections, images faussées en réponse à ce que nous croyons que l’autre ou le monde attend de nous. Conclusion : parlons peu, mais parlons vrai, en valorisant aussi nos atouts et ceux d’autrui.

N’en faites jamais une affaire personnelle

Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

Les paroles et les actes de l’autre ne nous concernent pas en propre. Ils lui appartiennent parce qu’ils sont l’expression de ses propres croyances. Vous êtes critiqué ? Ou encensé ? C’est l’image que l’autre se fait de vous. Ce n’est pas vous.
De même, les événements qui surviennent ne sont pas toujours des réponses à notre comportement. Selon Miguel Ruiz, nous devons sortir de cet égocentrisme qui nous fait croire que tout ce qui arrive autour de nous est une conséquence de notre attitude. Le « moi je » nous maintient dans l’illusion. Donc dans la souffrance.

Comment s’y prendre ? "Il s’agit moins de rester stoïque que de prendre du recul ". Ramener à soi ce qui appartient à l’autre déclenche inévitablement de la peur, de la colère ou de la tristesse, et une réaction de défense. L’objectif : laisser à l’autre la responsabilité de sa parole ou de ses actes et ne pas s’en mêler. Cela suffit souvent à calmer le jeu.

Ne faites aucune supposition

Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

C’est un travers banal: nous supposons, nous élaborons des hypothèses et nous finissons par y croire. Un ami ne nous a pas dit bonjour ce matin, et nous imaginons qu’il nous en veut ! Selon Miguel Ruiz, c’est un "poison émotionnel". Pour s’en libérer, il propose d’apprendre à mettre les choses à plat, par exemple en exprimant ses doutes. Ce qui implique d’apprendre à écouter et d’être capable d’entendre.

Comment s’y prendre ? Il s’agit de prendre conscience que nos suppositions sont des créations de notre pensée. Dès lors qu’une hypothèse devient une croyance (Cet ami est fâché contre moi ), nous élaborons un comportement de pression (Je ne l’aime plus non plus ou je dois le convaincre de m’aimer à nouveau ), source d’angoisse et de stress.

Faites toujours de votre mieux

Votre “mieux” change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger.

Cet accord découle des trois premiers. Lorsque vous en faites trop, vous vous videz de votre énergie et vous finissez par agir contre vous. Mais si vous en faites moins, vous vous exposez à la frustration, à la culpabilité et au regret. Le but est de trouver le juste équilibre.

Comment s’y prendre ? Ce qui est juste pour soi ne dépend en aucun cas d’une norme. Pour Miguel Ruiz, certains jours, faire ce qu’il y a de mieux pour soi, c’est rester au lit. Dans tous les cas, le pire piège est la course à la perfection. L’un des moyens d’éviter ce travers est de remplacer nos "Je dois faire ceci " par des "Je peux faire ceci". Cela permet de s’approprier pleinement l’objectif à atteindre, sans se soucier du jugement et des attentes des autres. Cela permet aussi d'éviter de se "juger".

mardi 17 septembre 2013

Le petit manuel du Bouddha - Jack Kornfield (1945-)

Le petit manuel de Bouddha, Table Ronde (1999)
Semblables à la beauté sereine du lotus qui éclot sur la vase, les préceptes simples du Bouddha ont aidé les hommes à trouver la paix et l'unité intérieure depuis plus de deux mille cinq cents ans.
Jack Kornfield a adapté dans ce manuel un enseignement ancien de la vie contemporaine.

Quelques Extraits: 

L’amour au passé n’est que souvenir. L’amour au futur n’est qu’imagination. C’est seulement ici et maintenant que nous pouvons aimer.

Tout pas que l’on fait consciemment, tout acte accompli avec vigilance mène droit à l’éveil. Où que tu ailles, c’est là que tu es.

Quel que soit le lieu où tu vis, il constitue ton temple, pour autant que tu le considères comme tel.

Si tu ne trouves pas la vérité là où tu es, où crois-tu donc pouvoir la trouver?

Un esprit ouvert, vaste, te facilitera la vie. Une cuillerée de sel dans un verre d’eau rendra l’eau imbuvable, mais une cuillerée de sel dans un lac se remarquera à peine.

L’esprit du débutant contient de nombreuses possibilités, l’esprit de l’expert en contient peu.

Il faut que la vie spirituelle comporte une forte dose de bon sens.

Il n’y a qu’un moment où il est essentiel de s’éveiller : ce moment même.

Ce ne sont pas nos préférences qui créent des problèmes mais notre attachement à ces préférences.

Quelles qu’aient été les difficultés du passé, tu peux toujours recommencer à zéro aujourd’hui.

Il n’y a pas de lieux sacrés ni de personnes sacrées, il n’y a que des instants sacrés, des instants de sagesse.

Lorsqu’on lui demanda s’il était dieu ou homme, le Bouddha répondit : « Je suis éveillé. »

Ne pas obtenir ce que tu désires et obtenir ce que tu désires peuvent être tout aussi décevants.

De même qu’en gardant la droite au volant, on a la liberté d’aller où on veut, en acceptant la loi naturelle du changement perpétuel, on suit l’itinéraire de la liberté.

Quand tu marches, contente-toi de marcher ; quand tu manges, contente-toi de manger.

Ne t’entête pas à rechercher la vérité, cesse simplement de t’accrocher à tes opinions.

De même que le serpent se défait de sa peau, nous devons constamment nous défaire de notre passé.

Dans la vie, nous ne pouvons échapper au changement ou à la perte. La liberté et le bonheur sont à la mesure de la souplesse et de l’aisance avec lesquelles nous accueillons le changement.

En marchant, en mangeant, en voyageant, sois là où tu es. Sinon, tu passeras pratiquement à côté de ta vie.

Imagine que chaque individu dans l’univers est éveillé – sauf toi. Tous sont tes maîtres et font exactement ce qu’il faut pour t’aider à apprendre la patience, la parfaite sagesse, la parfaite compassion.

Nulle personne extérieure à nous-mêmes ne peut nous contrôler intérieurement. Quand nous savons cela, nous sommes libérés.

La peur est toujours l’appréhension d’un événement qui ne s’est pas encore produit. Grands sont notre peur et notre sentiment de séparation mais plus grande encore est la vérité de notre lien avec le Tout.

L’acte de pardonner nous profite d’abord à nous-mêmes puisque nous cessons ainsi de porter le fardeau du ressentiment. Mais nous n’accepterons pas pour autant  que l’injustice se reproduise.

Elvira Amrhein Paintings

Notre maison, nos enfants ne nous appartiennent pas, ni même notre propre corps. Ils nous sont simplement alloués pour un temps et nous devons les traiter avec soin et avec respect.

Même notre colère peut être accueillie avec un cœur empli de bienveillance.

La simplicité procure d’avantage de bonheur que la complexité.

Un jour consacré à passer des jugements sur autrui est un jour douloureux. Un jour consacré à passer des jugements sur toi-même est un jour douloureux. Tu n’es pas obligé d’ajouter foi à tes jugements : ce ne sont que de vieilles habitudes.

La vie se nourrit de la vie. Tous, nous mangeons et nous sommes mangés. Lorsque nous l’oublions, nous pleurons ; lorsque nous nous en souvenons, nous pouvons nous nourrir les uns les autres.

Si tu laisses reposer une eau boueuse, elle s’éclaircira. De même, si tu laisses reposer ton esprit troublé, la chose à faire t’apparaîtra clairement.

Ceux qui sont éveillés vivent dans un état de perpétuel étonnement.

Source : Le Petit Manuel du Bouddha, Jack Kornfield

dimanche 15 septembre 2013

Albert était une lumière...

Âgé de 87 ans, le généticien Albert Jacquard est mort, le 11 Septembre 2013. Il a succombé à une leucémie. Son collier de barbe encadrant une gueule cabossée de philosophe antique et ses combats passionnés pour les sans-papiers et contre le racisme ont marqué les mémoires...


« Il faut prendre conscience de l’apport d’autrui, d’autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande. »

Albert Jacquard

Le choc des cultures...

mercredi 11 septembre 2013

Albert Jacquard (1925-2013)

Généticien, philosophe et écrivain, Albert Jacquard est de toute évidence un humaniste qui consacre son temps à faire partager sa vision d’un monde plus solidaire.

Il est né à Lyon en 1925,  mort à Paris le 11 septembre 2013. Issu d’une famille catholique et conservatrice du Jura, Albert Jacquard se révèle être un élève brillant. Cependant, un drame à l’âge de 9 ans marque profondément sa vie. Lors d’un accident de voiture, il perd son jeune frère. Lui-même en ressort défiguré, ce qui teinta longtemps d’angoisse sa perception du regard des autres.

Il obtient deux baccalauréats de Mathématiques et de Philosophie, entre en 1945 à l’Ecole polytechnique et en sort ingénieur  des Manufactures de l’Etat en 1948.

Albert Jacquard entre à la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes en tant qu’ingénieur d’organisation et méthode, puis est nommé secrétaire général adjoint de 1951 à 1961. 

Rapporteur auprès la Cour des Comptes de 1959 à 1970 et directeur adjoint au service de l’équipement du ministère de la Santé publique de 1962 à 1964, il entre à l’Institut de démographie de Paris et en est diplômé en 1965. En 1966, il part aux Etats-Unis étudier la génétique des populations à l’Université Stanford en Californie non loin de San Francisco.

De retour en France en 1968 avec un diplôme d’études approfondies de génétique en poche, il intègre l’Institut national d'études démographiques en tant que chargé de recherches et responsable du service de génétique. Titulaire d'un doctorat d’université de génétique en 1970 et d’un doctorat d’État en biologie humaine en 1972, il est nommé expert en génétique auprès de l’Organisation mondiale de la santé de 1973 à 1985. Albert Jacquard se tourne alors vers la recherche universitaire à Genève, Paris et Louvain en Belgique. En 1980, il est nommé officier de Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite par le président Valéry Giscard d'Estaing, et reçoit le prix scientifique de la Fondation de France la même année, avant d’être nommé membre du Comité consultatif national d'éthique de 1983 à 1988.

Albert Jacquard participe au Comité consultatif national d'éthique. Généticien, il a décidé d'arrêter lui-même ses travaux. Il se prononce contre l'exploitation à des fins commerciales du génome humain et brevetage généralisé du vivant.

Il publie de nombreux livres de vulgarisation scientifique et de réflexion philosophique sur la condition humaine. Il se rapproche du mouvement altermondialiste et prône la décroissance. Jacquard invite à une réflexion sur les déséquilibres de nos sociétés, sur la richesse de nos cultures, l’importance de l’éducation.

Humaniste, Albert Jacquard s'engage pour la défense des plus démunis. Il milite notamment aux côtés de l'association Droit au logement et de l'Abbé Pierre. Il apporte son soutien aux étrangers en situation irrégulière en grève de la faim à Lille durant l'été 2007. Il exprime ses vues sur la société et les sujets d'actualité dans une chronique radiophonique quotidienne sur France Culture.


En 1994, il est l'un des fondateurs de l'association Droits Devant !!

Site internet de l'association "Droits Devant !!"




Albert Jacquard "Rebâtir une société humaine sans compétition"


Bibliographie
 
Ouvrages scientifiques

* Structure génétique des populations, Masson, 1970
* Les probabilités, Collection Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 1974
* Génétique des populations humaines, Presses universitaires de France, 1974
* The Genetic Structure of Populations, Springer, 1974
* L’étude des isolats. Espoirs et limites, Presse universitaires de France-INED, 1976
* Concepts en génétique des populations, Masson, 1977

Ouvrages de vulgarisation scientifique 

* Éloge de la différence, Éditions du Seuil, 1981
* Moi et les autres, Éditions du Seuil, 1983, rééd. rééd. 2009, Éditions Points
* Au péril de la science ?, Éditions du Seuil, 1982, parution en 1984
* Inventer l’homme, Éditions Complexe, 1984
* L’Héritage de la liberté, Éditions du Seuil, 1986
* Cinq milliards d’hommes dans un vaisseau, Éditions du Seuil, 1987
* Moi, je viens d’où ?, avec la participation de Marie-José Auderset, Éditions du Seuil, 1988
* Abécédaire de l’ambiguïté, Editions du Seuil, 1989
* C’est quoi l’intelligence ?, avec Marie-José Auderset, Éditions du Seuil
* Idées vécues, Flammarion, 1990
* Voici le temps du monde fini, Éditions du Seuil, 1991
* Tous différents, tous pareils, Éditions Nathan, 1991
* Comme un cri du cœur, Éditions l’Essentiel, 1992 (ouvrage collectif)
* La Légende de la vie, Flammarion, 1992
* E=CM2, Éditions du Seuil, 1993
* Deux sacrés grumeaux d’étoile, Éditions de la Nacelle, octobre 1993
* Avec Jacques Lacarrière, Science et croyances, Éditions Écriture, 1994 ; réed. Albin Michel, 1999
* Absolu, dialogue avec l’abbé Pierre, Éditions du Seuil, 1994
* L’Explosion démographique, Flammarion, collection « Dominos », 1994
* La Matière et la vie, Éditions Milan, coll. « Les essentiels », 1995
* La Légende de demain, Flammarion, 1997
* L’Équation du nénuphar, Calmann-Lévy, 1998, rééd. Éditions LGF - Livre de Poche, 2000
* L'avenir n'est pas écrit, avec Axel Kahn, Bayard, 2001
* Paroles citoyennes, avec Alix Domergue, Albin Michel, 2001
* De l'angoisse à l'espoir, avec Cristiana Spinedi, Calmann Lévy, 2002
* La Science à l’usage des non-scientifiques, 2001
* Ecologie et spiritualité, collectif, Albin Michel, 2006
* Le monde s'est-il créé tout seul ?, collectif, Albin Michel, 2008
* Moi, je viens d’où ? suivi de C’est quoi l’intelligence ? et E=CM2, Éditions Points 2009

Ouvrages philosophique et/ou politique
 
* Un monde sans prisons ?, Éditions du Seuil, 1993
* J’accuse l’économie triomphante, Calmann-Lévy, 1996
* Le Souci des pauvres. L’Héritage de François d’Assise, Calmann-Lévy, 1996
* Pour une terre de 10 milliards d'hommes, Zulma, 1997
* Petite philosophie à l’usage des non philosophes, avec Huguette Planès, Québec-Livres, 1997
* Le Souci des pauvres, 1998
* A toi qui n’es pas encore né, 1998
* Paroles citoyennes, Albin Michel, 2001. Avec Alix Domergue
* Dieu ?, 2003
* Tentative de lucidité : recueil de quelques chroniques diffusées sur France Culture, 2003
* Halte aux Jeux !, Stock, 2004
* Nouvelle petite philosophie, avec la participation d'Huguette Planès, Stock, 2005
* Mon utopie, Stock, 2006
* Jamais soumis, jamais soumise (dialogue avec Fadela Amara), Stock, 2007
* Le compte à rebours a-t-il commencé?, Stock, 2009

Citations d’Albert Jacquard

"A deux reprises, j'ai donc défilé avec ma promo sur les Champs-Elysées. Je me souviens d'avoir éprouvé une certaine gêne, car j'avais lu la remarque d'Einstein: Pour marcher au pas, le cerveau est superflu, la moelle épinière suffit."
Mon utopie

"Celui qui tolère, se sent bon de tolérer, celui qui est toléré se sent doublement méprisé pour le contenu de ce qu'il représente ou de ce qu'il professe et pour son incapacité à l'imposer."
L'éloge de la différence

"Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche."
Petite philosophie à l'usage des non-philosophes

"Est fanatique celui qui est sûr de posséder la vérité. Il est définitivement enfermé dans cette certitude ; il ne peut donc plus participer aux échanges ; il perd l'essentiel de sa personne. Il n'est plus qu'un objet prêt à être manipulé."

"Le véritable remède contre le chômage est qu'il n'y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société."
Extrait de Petite Philosophie à l’usage des non-philosophes

"Mon objectif, ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui."

"Les autres ne sont pas notre enfer parce qu'ils sont les autres ; ils créent notre enfer lorsqu'ils n'acceptent pas d'entrer en relation avec nous."
Extrait de Petite Philosophie à l’usage des non-philosophes

"L'objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l'aventure d'une vie à découvrir, à orienter, à construire."
Extrait de l’ Abécédaire de l'ambiguïté de Z à A   

"La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous."
Extrait de Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes

"Plus nous sentons le besoin d'agir, plus nous devons nous efforcer à la réflexion. Plus nous sommes tentés par le confort de la méditation, plus nous devons nous lancer dans l'action."
Extrait de Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes

"Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre."

"Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande."
Extrait de Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes

"L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions."
Extrait de Petite philosophie à l'usage des non-philosophes

"Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible."
Extrait de la Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes

"Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s'exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence."
Extrait de Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes

"On peut apprendre à un ordinateur à dire : "Je t'aime", mais on ne peut pas lui apprendre à aimer."   
Extrait de Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes


Albert Jacquard "La vraie intelligence"