jeudi 30 janvier 2014

Le jour où je me suis aimé pour de vrai - Kim Mcmillen

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus
dans le fait de forcer une situation ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même
ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… le Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime
quand cela me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert … l’Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois.
Et cela s’appelle… la Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci, c’est… le Savoir vivre.

Kim Mcmillen – Le jour où je me suis aimé pour de vrai (2001)



Kim Mc Millen, femme écrivain du Colorado, engagé dans un chemin de développement personnel, a réalisé avant sa mort – à cinquante quatre ans !- un livre, cousu main pour ses amis, rassemblant, sous une forme simple et limpide, quelques paroles à écouter résonner en soi. 

Des paroles mesurées, ajustées, pour dire qu’une autre façon de vivre est possible ! Qu’il importe de s’aimer en vérité. 

Sa fille, Alison, souhaitant faire connaitre largement ce témoignage a publié en 2001 "When I loved myself enough".

lundi 20 janvier 2014

Les droits de l’homme

On entend par droits de l’homme un ensemble de droits essentiels à notre existence comme êtres humains. Sans ces droits, nous ne pouvons pas cultiver ni exercer pleinement nos qualités humaines, notre intelligence, notre talent et notre spiritualité.

En adoptant la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, les Nations Unies ont fixé une norme commune pour tous les pays. Avec elle, les États se sont engagés à faire en sorte que tous les êtres humains, les riches comme les pauvres, les forts comme les faibles, les hommes comme les femmes, quelles que soient leur race et leur religion, soient traités sur un même pied d’égalité.

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Tout individu a droit à: la vie, la liberté et la sûreté de sa personne; la liberté d’expression; ne pas être tenu en esclavage; un procès équitable; l’égalité devant la loi; la liberté de circulation; une nationalité; se marier et fonder une famille; un travail; un salaire égal pour un travail égal.

Si la Déclaration ne fait pas partie du droit international dit "contraignant" (c’est-à-dire d’application obligatoire), elle a une autorité morale considérable en raison du nombre élevé de pays qui l’ont acceptée.

Les Nations Unies ont aussi adopté de nombreux traités internationaux relatifs aux droits de l’homme par lesquels les États s’obligent à garantir à leurs citoyens un certain nombre de droits sociaux, économiques et politiques. Les plus importants de ces traités sont les deux Pactes internationaux, dont le premier se rapporte aux droits économiques, sociaux et culturels et le second aux droits civils et politiques. La Déclaration, les deux Pactes et leurs Protocoles facultatifs respectifs forment ensemble ce qu’on appelle la Charte internationale des droits de l’homme.


Déclaration universelle des droits de l'homme (texte intégral)


Préambule


Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.

Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.

Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L'Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

Article 12

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16

1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

Article 20

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

Article 21

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

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Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot (résolution 217 A (III)). 

Pour commémorer son adoption, la Journée des droits de l'homme est célébrée chaque année le 10 décembre. 

Ce document fondateur et universel devrait être pour l'humanité toute entière une source d’inspiration.

Site internet de l'ONU: ici

dimanche 12 janvier 2014

Eloge du Jade - Victor Segalen (1878-1919)

Si le Sage, faisant peu de cas de l’albâtre, vénère le pur Jade onctueux, ce n’est point que l’albâtre soit commun et l’autre rare : Sachez plutôt que le Jade est bon,
 
Parce qu’il est doux au toucher — mais inflexible. Qu’il est prudent : ses veines sont fines, compactes et solides.

Qu’il est juste puisqu’il a des angles et ne blesse pas. Qu’il est plein d’urbanité quand, pendu de la ceinture, il se penche et touche terre.

Qu’il est musical : sa voix s’élève, prolongée jusqu’à la chute brève. Qu’il est sincère, car son éclat n’est pas voilé par ses défauts ni ses défauts par son éclat.

Comme la vertu, dans le Sage, n’a besoin d’aucune parure, le Jade seul peut décemment se présenter seul.

Son éloge est donc l’éloge même de la vertu.

Stèles, 1912, Victor Segalen



Victor Segalen (1878-1919)
Victor Segalen, né à Brest le 14 janvier 1878, mort le 21 mai 1919 à Huelgoat, est un poète, et aussi médecin de marine, ethnographe et archéologue français.

Après des études de médecine à l'École principale du service de santé de la marine de Bordeaux, Victor Segalen est affecté en Polynésie française. Il n'aime pas la mer, ni naviguer mais débarquer et découvrir. Il séjourne à Tahiti en 1903 et 1904. Lors d'une escale aux îles Marquises, il a l'occasion d'acheter les derniers croquis de Paul Gauguin, décédé trois mois avant son arrivée, croquis qui seraient, sans lui, partis au rebut. Il rapporte en métropole un roman, les Immémoriaux (1907), ainsi qu'un journal et des essais sur Gauguin et Rimbaud, qui ne seront publiés qu'en 1978.

En 1908, il part en Chine où il soigne les victimes de l'épidémie de peste de Mandchourie. En 1910, il décide de s'installer en Chine avec sa femme et son fils. La première édition de Stèles a lieu à Pékin en 1912. En 1914, il entreprend une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Cette étude sur les sculptures chinoises ne sera publiée qu'en 1972 (Grande Statuaire chinoise). À ce titre, et en ce qui concerne la littérature, il renouvelle le genre de l'exotisme alors encore trop naïf et ethnocentrique.

En Chine, il rencontre un des rares Européens qui s'y trouvent alors, le sinologue belge Charles Michel qui le marque beaucoup et qui lui inspire le personnage de René Leys.

À la fin de sa mission en Chine, il souhaite se rendre en Birmanie avant la fin de 1914 mais en tant que militaire il reçoit le 11 août 1914 une missive l'informant du début de la guerre entre la France et l'Allemagne.

Il mourut accidentellement, selon sa fiche militaire, le 21 mai 1919 dans la forêt de Huelgoat, un exemplaire de Hamlet à la main. Après coup en 1934, l'État français a inscrit son nom sur les murs du Panthéon en tant qu' "écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918".

Médecin de marine et grand voyageur, mais aussi archéologue, sinologue, ethnographe, écrivain, poète, musicien et calligraphe, c’est en référence à la dualité de ce Breton, nourri de son terreau natal et capable de dépasser toutes les frontières, tant géographiques qu’intellectuelles ou artistiques, que la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Brest porte son nom.

Le nom de Victor Segalen a aussi été adopté par une des universités de Bordeaux, celle où il a fait ses études (Université Victor-Segalen Bordeaux 2), ainsi que par le Lycée français international de Hong Kong.

jeudi 9 janvier 2014

L'utopie d'aujourd'hui

Enracinée dans le désir de réformer en profondeur le monde existant, l’utopie est une projection dans un avenir plus ou moins lointain d’un idéal collectif. Il s’agit de repenser le monde, la société pour mieux les changer. L’utopie  n’est ni un rêve ni une chimère et des utopies d’hier sont parfois devenues réalités aujourd’hui. Comme le dit Leibniz «  Les utopies sont des possibilités éternelles ».


Quelles perceptions pouvons-nous avoir aujourd’hui de l’Utopie ? 

Les utopies sont souvent nées dans des époques de crise sociale où les valeurs morales, économiques et politiques étaient remises en question comme c’est le cas aujourd’hui.  Développer l'Utopie c’est prendre du recul, identifier les manques de notre société, de notre monde, pour pouvoir le repenser autrement et mieux le changer. C’est aussi convaincre les autres que d'autres modes de vie sont possibles. La société idéale peut-être une construction humaine, sans qu'il faille compter sur la providence.  L'utopie traduit une manière de penser caractéristique de l'humanisme. Elle porte en elle l’espoir  d’un avenir individuel et collectif meilleur dans une société plus juste et harmonieuse.

L’utopie est donc un moteur puissant de réflexion, d’imagination et d’innovation. Elle permet de fédérer les énergies pour travailler ensemble dans une même direction, autour de valeurs partagées, sur un projet visant l’avenir de la société. On ne peut pas imaginer un monde sans utopie.

Toutefois il peut exister des freins à l’émergence de nouvelles utopies.  Le terme d’utopie lui-même inventé  à partir du grec en 1516 par Thomas More), reste ambiguë : "eu- topos" : lieu où tout est bien mais aussi "ou -  topos" : lieu de nulle part. Dans le climat actuel de crise économique, sociale et morale, l’impression d’un avenir collectif qui nous échappe, inéluctablement réglé par des mécanismes économiques d’ordre supérieur peut engendrer un sentiment d’impuissance  décourageant l’utopie.

D’autre part, dans un monde dominé par l’immédiateté, l’utopie exige un changement de rapport au temps. Certaines utopies ne deviennent réalités qu’après plusieurs générations. Il faut travailler sur le long terme… Ceux qui travaillent aujourd’hui ne profiteront peut-être pas des changements.

Enfin, bien qu’il soit indéniable que de nombreuses réalités d’aujourd’hui s’appuient sur des utopies d’hier,  les dérives totalitaires du XX° siècle, ont pu générer une confusion erronée, entre l’utopie et des mises en œuvre déshumanisantes contraires à l’idéal poursuivi. D’où  une méfiance vis-à-vis de l’utopie et une réticence à se projeter dans un avenir considéré comme incertain.

Or, la véritable Utopie s’appuie sur des valeurs humanistes dont le respect de l’homme et de sa dignité dont doivent aussi dépendre ses réalisations. Projet collectif pour une société plus juste et harmonieuse, projection dans un avenir lointain à travers les générations, l’Utopie a été et doit encore être un moteur pour les hommes qui travaillent au progrès de l’humanité.   L’utopie est un devoir. Comme le disait Goethe « Ils ont eu le courage de croire à la lumière, quand la nuit était encore épaisse ». L’utopie est universelle et éternelle.

L'arbre des possibles

Quelles utopies envisager pour demain ?

La première des utopies n’est-elle pas de replacer l’humain, la dignité humaine au centre des préoccupations du politique, de la vie sociale et quotidienne. La fraternité, doit retrouver la première place dans la hiérarchie des valeurs d’un monde  où priment les valeurs marchandes, sources d’inégalités, d’injustice sociale et de négation de l’humain. De cette utopie découlent quelques aspirations pour la société :
   
- Une véritable solidarité y compris intergénérationnelle.
- Une égalité dans la protection sociale et l’accès aux soins.
- Un revenu de base pour tous, sans conditions.
- Un toit pour tous.
- La « sobriété heureuse », telle que la définit Pierre Rabhi, afin d’éviter de basculer a terme dans une dictature environnementale.
- Le remplacement des indicateurs croissance et PIB par des indicateurs plus humains (IDH, indice de développement humain, indicateur de bonheur, etc) qui restent pour certains à créer.
- La sortie de l’énergie fossile qui se raréfie.
- La mise en place de monnaies locales pour remplacer la dictature de la finance mondiale.
- La license globale et l’accès aux œuvres numériques pour tous.

Finalement, toutes ces utopies visent à remettre l’humain au centre des préoccupations du système, en vue d’établir une fraternité humaine universelle, utopie qui reprend toutes les autres…

vendredi 3 janvier 2014

Nils Udo (1937-)

Nils Udo est un artiste plasticien né à Lauf, en Bavière (Allemagne), en 1937. 

En 1955, il entreprend des études d'arts graphiques à Nuremberg (1959-1960), puis devient peintre. C'est par la peinture que Nils Udo entrera dans la nature. Au début des années 1960, il quitte la Bavière pour Paris afin de se perfectionner. La nature et sa souveraineté domine l'artiste depuis son enfance. Des feuilles ramassées dans le jardin de Versailles serviront de nuancier à son travail de peintre. En 1972, il abandonne pourtant la peinture, estimant qu'elle traite de la nature de façon artificielle et commence à travailler, selon ses mots, à la source même. Il s'initie à la sylviculture dans une petite plantation de Bavière et apprend la photographie.

C'est à la nature qu'il emprunte son matériau de base pour l'arranger de manière totalement inédite : un nid fait de troncs de bouleaux, de terre et de pierres ; une maison d'eau monumentale en mer du Nord, construite avec des troncs d'épicéa des brindilles de bouleaux… Mêlant sculpture éphémère, installation précaire et grand format photographique, les œuvres de Nils Udo sont produites dans et avec la nature. Les intempéries, la dégradation naturelle font partie intégrante de son processus créatif. La photographie joue un rôle de conservation du souvenir et de transmission de l'œuvre au public. Elle cadre et achève la composition jusqu'à la rendre abstraite. L'intention première de Nils Udo est de révéler la poésie de la nature et sa dimension divine.



Depuis 1972 il se consacre exclusivement à la nature et à la création de site en utilisant uniquement des matériaux naturels. Son objectif est de réaliser ce qui est possible dans la nature mais qui n’a jamais littéralement existé, une œuvre utopique, magnifique et lyrique.

Mêlant sculpture éphémère, installation précaire et grand format photographique, les œuvres de Nils Udo sont produites dans et avec la nature. Les intempéries, la dégradation naturelle font partie intégrante de son processus créatif. La photographie joue un rôle de conservation du souvenir et de transmission de l’œuvre au public. Elle cadre et achève la composition jusqu’à la rendre abstraite.

L’intention première de Nils Udo est de révéler la poésie de la nature et sa dimension divine. Le monde séduisant de Nils-Udo se compose de monticules, des nids géants colorés et de jours de rêve en forêt. La nature est la source et l’inspiration. Ses œuvres ont fait leur apparition en Europe ainsi qu’au Japon, Israël, l’Inde et le Mexique.