samedi 28 février 2015

L'économie des manuels scolaires...

L'activité économique a pour objectif de satisfaire les besoins des individus en produisant des biens et des services. Le problème économique se pose en ces termes : d'une part, les besoins sont illimités, d'autre part les biens et services sont limités, d'où la nécessité d'effectuer des choix.




Les besoins

Un besoin est un sentiment de privation, de manque que l'individu cherche à faire disparaître par la consommation d'un bien.

Un besoin a plusieurs caractéristiques :

- Il est lié à l'utilité que l'on a du bien. Plus un bien est utile, plus le besoin est élevé. (Ex.:  A l'approche des examens, les fiches de révision d'un candidat (fiches de révision = bien) sont ressenties comme étant de plus en plus utiles, voire indispensables. Certains sont mêmes prêts à payer le prix fort pour les obtenir. Après l'épreuve, le besoin devient nul).
- Il est lié à chaque individu. Pour un fumeur, le besoin d'avoir toujours des cigarettes à portée de main (cigarette = bien) est très important. Pour un non-fumeur, ce besoin n'existe pas. Le besoin varie donc d'un individu à l'autre, d'une catégorie sociale à l'autre.
- Il évolue aussi avec le temps, les ressources financières, la publicité, le niveau de développement économique.
Au fur et à mesure que l'économie se développe, apparaissent sans cesse de nouveaux besoins créés par l'homme. De sorte que l'on peut dire que les besoins sont illimités.

Les besoins peuvent être classés en différentes catégories :

- Les besoins primaires, les besoins secondaires et les besoins tertiaires selon l'intensité du besoin, l'utilité du bien destiné à le satisfaire et le niveau de développement du pays.
Les besoins sont dits primaires car ils sont indispensables à la vie de l'individu ; c'est pourquoi on les appelle aussi besoins vitaux : boire, manger, se loger, se vêtir, se soigner. Leur non satisfaction ou mauvaise satisfaction peut mettre la santé de l'individu en danger.

- Les besoins secondaires et tertiaires ne sont pas indispensables à la vie de l'homme ou à sa survie, mais leurs satisfactions améliorent son confort et sa condition de vie ; on les appelle besoins de civilisation car ils sont liés à la civilisation et au développement d'un pays : se déplacer, s'instruire, se distraire, voyager ...

- Les besoins individuels que l'individu consommateur peut satisfaire lui-même compte tenu de ses ressources en achetant les biens et services qui lui conviennent, et les besoins collectifs, exprimés par une ensemble d'individus, pour la satisfaction desquels la collectivité (l'État, les organismes sociaux) a prévu de mettre gratuitement à leur disposition des services collectifs (éducation, police, transport en commun).



Les biens et les services

Un bien est une chose matérielle, fruit d'un travail humain, qui permet de satisfaire un besoin. Un service est une prestation fournie en vue de satisfaire un besoin individuel ou collectif.

Les biens peuvent être classés en différentes catégories :

- Les biens de consommation finale : destinés à l'usage des consommateurs (les ménages) qui en tirent une satisfaction plus ou moins immédiate. La terminaison "finale" indique que les consommateurs sont les derniers utilisateurs du bien fabriqué à leur intention (machine à laver, automobile, pain, etc.). Selon la durée d'utilisation, on peut encore distinguer les biens durables (meubles, automobile), les biens semi-durables (cartable, cahier, vêtement) et les biens non durables (alimentation).

- Les biens de production : biens durables (machines, bâtiments, équipements) nécessaires à fabriquer d'autres biens . Les biens de production achetés par les entreprises, constituent un investissement.

- Les biens de consommation intermédiaires : biens utilisés par l'entreprise et qui disparaissent au cours d'un processus de fabrication (matières premières).

Les services peuvent être classés de différentes manières :

- les services entrant dans la consommation finale (location d'un logement, repas pris dans un restaurant, utilisation d'un moyen de transport collectif, prix d'entrée au cinéma).
- les services entrant dans la consommation intermédiaire (assurance des locaux professionnels, réparation et entretien du réseau informatique, intérêt pour le prêt consenti pour l'achat d'une machine).

Autres classifications : services individuels et services collectifs.




Le problème économique

Le problème économique est de savoir comment les hommes vont s'organiser pour satisfaire au mieux leurs besoins sachant que d'une part, les biens et services sont limités (ils ne peuvent les acquérir tous et en quantité illimitée), d'autre part les besoins sont illimités (l'homme, grâce au développement économique, voit son niveau de vie augmenter, et cherche à satisfaire de nouveaux besoins que la société a créé pour améliorer son confort et son bien être).

L'objet de la science économique est d'étudier autour des trois fonctions économiques principales que sont la production, la consommation et les échanges, comment les hommes vont s'organiser, effectuer des choix, prendre des décisions pour aller dans le sens du progrès économique et social.


Quelques brèves définitions de l'Économie
L'économie est la science qui étudie comment l'homme lutte contre la rareté des biens pour satisfaire ses besoins.

L'économie consiste à observer et à résoudre les contradictions entre les ressources et les besoins des individus.

L'économie cherche à fournir aux individus des solutions qui leur permettront d'obtenir le maximum de satisfaction à partir des ressources rares dont ils disposent.

L'économie, c'est la vie des hommes au travail afin de produire des biens et des services nécessaires à la satisfaction de leurs besoins.

mardi 17 février 2015

Même l'être le plus fragile, le plus démuni, a une fonction

Féminisation de la société, révolution démographique, rôle des associations, initiatives solidaires, émergence du concept du "care", une nouvelle façon de repenser l’État providence autour de la notion d'accompagnement...

Toutes ces questions sont abordées dans l'ouvrage de Serge Guérin: De l’État providence à l'Etat accompagnant (Editions Michalon).


Des "inactifs" plutôt actifs

Alors que la France débat sur la question des retraites, vous abordez le sujet en rappelant que ceux que l'on appelle les "inactifs" ne le sont pas nécessairement.

"Personne n'est réductible à son âge, son genre, son métier, ses origines. Regardez les retraités qui sont hyper présents dans les associations, dans l'aide à des proches, comme élus locaux... Et puis nous avons tous des identités multiples. Dans une même journée, un senior peut être un grand-parent qui va chercher ses petits-enfants à l'école, un jeune bénévole, quelqu'un qui vient de tomber amoureux, ou qui apprend à faire pousser des tomates dans un jardin partagé. 

Je trouve le mot inactif trop péjoratif : inactif voudrait signifier inutile. D'abord, on a le droit d'être inutile. Ensuite, même l'être le plus fragile, le plus démuni, a une fonction. Si je le regarde, si je l'aide, il me renvoie à ma propre humanité.donc il me sert à quelque chose".

Les "aidants": solidarité de proximité

Vous soulignez également le rôle des "aidants", qui entretiennent le lien social. Qui sont-ils ?

Tous ceux qui consacrent plusieurs heures par jour ou par semaine à soutenir d'autres personnes, par exemple un parent malade ou un enfant handicapé. On estime leur nombre entre 3 et 4 millions en France.

Ce que révèle une étude de BVA réalisée pour la Fondation Novartis, c'est que 18% de ces personnes viennent en aide sans qu'entrent en jeu des liens familiaux ou institutionnels. C'est-à-dire qu'on n'aide pas seulement sa famille, mais aussi ses voisins, ses collègues...

Ces solidarités de proximité contribuent à amortir les effets de la crise. Elles participent à ce qu'on appelle aujourd'hui le "care".


Quelle est votre définition du "care" ?

Le care est une pratique du soin et de l'accompagnement des personnes fragilisées sur le plan physique, moral ou économique. Une société du "care" serait une société qui serait à la fois plus protectrice tout en laissant à chacun son chemin d'autonomie. Pour moi, il s'agit de passer d'une logique d'assistance à une société de l'accompagnement. Il faut penser une politique globale du "care", au plan local, régional et national.

Ce qui passe notamment par une revalorisation des emplois de service à la personne. Ces emplois, majoritairement féminins, sont considérés comme "sales". Il faut davantage de formation et puis permettre à ces salariés de changer un jour d'emploi. Ce n'est pas de l'argent perdu.

Quand je rencontre un maire qui rechigne à ouvrir une maison de retraite sur sa commune par peur de la voir vieillir, je lui rappelle que cela fait venir aussi des employés, qui ont des enfants, et que cela lui permettra peut-être un jour de sauver une classe de son école. Et ces personnes âgées vont construire de la mémoire, du lien, apportent quelque chose en retour à la communauté.

Alors que le chômage des plus de 50 ans augmente sensiblement, vous estimez que les seniors pourraient occuper ces emplois.

On peut aussi accompagner les plus de 50 ans et les aider à retrouver un travail en se formant à ces métiers d'aidants et de soutien où l'on ne valorise pas la productivité mais le relationnel, l'attention. C'est un gisement d'emplois non délocalisables, non polluants, et qui participent à la redynamisation des territoires. Ce gisement peut aussi concerner les 170 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.


Cette société du "care" peut être favorisée par d'autres que l'Etat...

Ce devrait être le rôle des régions, du milieu associatif, des entreprises aussi. Dans le secteur HLM, des femmes s'organisent pour faire garder les enfants de mères seules, des jeunes accompagnent des enfants pour leur faire découvrir de nouveaux métiers... Ailleurs, on voit s'organiser un réseau de co-voiturage. Rhodia France permet à ses salariés grands-parents d'aménager différemment leur temps de travail. Le regard change. Quand quelqu'un a passé cinq ans de sa vie à en aider un autre, ce n'est pas cinq ans de perdus ! Il faudrait pouvoir le mettre sur son CV, en être fier, et être valorisé par l'entreprise parce que c'est un plus.


Source: Ca m'intéresse août 2010, Entretien avec Serge Guérin, sociologue et spécialiste des seniors. Propos recueillis par Frédéric Karpyta.





Serge Guérin (1962-)

Serge Guérin sociologue (1962 -)
Serge Guérin est un sociologue français né en 1962, spécialiste des questions liées au vieillissement de la société et aux enjeux de l'inter-génération. Il est aussi l'un principaux représentants des théories du care en France.
Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont plusieurs sur la sociologie des seniors ou des personnes âgées et sur les rapports de la société française avec le vieillissement.

On lui doit d'avoir contribué à une vision plus positive du papy-boom  et d'avoir montré la transformation profonde des styles de vie des personnes de plus de 50 ans issus du baby-boom.
 
Il s'est fait connaître des médias pour sa volonté de fustiger les représentations négatives des personnes âgées et de la question senior.

Rédacteur en chef de "Réciproques ", la revue de recherche sur la proximologie (la compréhension et la connaissance des aidants bénévoles auprès de personnes âgées ou de malades chroniques), il s'intéresse aux rôles sociaux des retraités et aux problématiques du don.

Chroniqueur pour différents médias (senioractu.com, Géroscopie Magazine...), il a contribué à de nombreuses revues et ouvrages collectifs, il est vice-président de l'Uniorpa (Union Nationale des Offices de retraités et personnes âgées).

Bibliographie

Le droit à la vulnérabilité. Manager les fragilités en entreprise, Michalon, 2011, en collaboration avec Th Calvat.
La nouvelle société des seniors, Michalon, 2011, nouvelle édition, revue, corrigée et enrichie de La société des seniors, Michalon, 2009
De l'état providence à l'état accompagnant, Michalon, 2010.
Le management des seniors, Eyrolles, 2009, 2eme édition, en collaboration avec Gérard Fournier (Prix du livre RH Sciences Po-Syntec).
La société des seniors, Michalon, 2009.
Le management de transition, Les Echos Etudes, 2008, en collaboration avec Gérard Fournier.
Habitat social et vieillissement. Représentation, formes et liens (direction), La documentation Française, 2008.
Vive les vieux !, Michalon 2008.
L'invention des seniors, Hachette Pluriel, 2007.
Le Grand retour des seniors, Eyrolles, 2002.
Le Boom des seniors, Economica, 2000.
La presse quotidienne, Flammarion, 1999, en collaboration avec Philippe Robinet.
Internet en Questions, Economica, 1998.
La Cyberpresse, Hermes, 1996.
La presse économique et financière, Editions du Cfpj, 1992

lundi 16 février 2015

La possibilité d'être humain (documentaire) - Pablo Girault, Thierry Kruger

La possibilité d'être humain (2013) -  P. Girault, T. Kruger
Après Sous les pavés, la Terre, Thierry Kruger et Pablo Girault, partent à la rencontre de militants, activistes, sociologues, philosophes, artistes, d'hommes qui témoignent, dans leurs environnements, de leurs conceptions de la société postmoderne. Des témoignages pour la recherche d'un nouvel ordre mondial, enfin à la hauteur des valeurs d'égalité et de fraternité prônées par notre société.On ne peut combattre la crise qui ronge notre économie avec les mêmes idées qui l'ont nourrie. Et si la décroissance était la réponse au retour à une vie prospère ? La Possibilité d'être humain propose une alternative à la société consumériste, le règne de l'argent et l'exploitation des travailleurs. Un film engagé, qui redonne foi en l'humanité.

A travers l’art et les outils primitifs, nous découvrons les prémices de l’humanité. Puis le film, à l’instar de notre société moderne, opère un basculement : l’agriculture et son évolution, la révolution industrielle et la nouvelle ère techno-scientiste. Derrière la technique et les machines nous entrevoyons le travail, notamment le salariat intimement lié à la (sur)consommation.

Quelle est la place du travail ? L’argent est-il encore un moyen ? Le consumérisme est-il indissociable de notre monde ? L’écologie sincère peut-elle faire le poids face au greenwashing?

Un « docutopique » sur la société postmoderne par les auteurs de Sous les pavés, la terre !

« Lorsque l’Homme se résigne à ne plus être à la mesure de son monde, il se dépossède de toute mesure. » Jacques Ellul

 "La Décroissance c'est le vital pour tous, saupoudrée de superflu nécessaire"

"Je pourrais vous démontrer que "croissance" ça n'a rien à voir avec "emploi" si on ne se pose pas la question : qu’est-ce que l’on fait croître ? Les écoles, les maternités, les hôpitaux, les bibliothèques, les objets solides et qui durent, les maisons pas chères et qui produisent leur propre énergie, la nourriture sans pesticides ni antibiotiques ? Ou est-ce que l'on veut vraiment plus de prisons, d'armes, d'argent pour les gens déjà riches, de pollution, de déchets, de cancers, augmenter le coût de la vie avec les carburants ou les modes de productions de l'électricité... "Thierry Kruger 

Avec la participation de :

Raoul Vaneigem, écrivain, philosophe, révolutionnaire
Paul Ariès, politologue, écrivain, intellectuel de référence du courant de la Décroissance et de l’écologie politique
Hélios Azoulay, compositeur
Peter Moore, activiste québécois
Peter Owen Jones, pasteur anglican et producteur
Alain Deneault, docteur en Philosophie
Marc Luyckx Ghisi, prospectiviste, conseiller européen,
Éric Pétetin, dit L’Indien, activiste français
Naïm Bornaz, rappeur décroissant
Enric Duran, dit Le Robin des banques, activiste espagnol
François Jarrige, chercheur en Histoire contemporaine
Noël Godin, dit L’Entarteur, activiste belge
Emir Kusturica, cinéaste, acteur et musicien
Béta Simon, chanteur de reggae ivoirien
Marc Dufumier, ingénieur agronome
Jean-Didier Vincent, neuropsychiatre et neurobiologiste

mardi 3 février 2015

Petite philosophie de nos erreurs quotidiennes - L. de Brabandere et A. Mikolajczak

Editions Eyrolles
Petit cours personnel de philosophie, cet ouvrage démontre pourquoi nous nous trompons sur tout et tout le temps malgré l'exercice de la logique, en se penchant sur les textes de philosophes, psychologues ou sociologues et sur la pratique quotidienne. 

A travers des mises en situation et des exemples étonnants, ce texte incite à la réflexion et permet de s'informer tout en se divertissant.


Quatrième de couverture

Après Petite Philosophie des histoires drôles, voici Petite Philosophie de nos erreurs quotidiennes. "Il ne saurait y avoir de vérité première. Il n'y a que des erreurs premières" disait Bachelard. L'erreur est partout, l'erreur est humaine. 
 
Depuis les débuts de la philosophie en Grèce avant notre ère, les philosophes ont cherché à comprendre pourquoi nos raisonnements sont souvent imparfaits, pourquoi nous nous trompons et comment nous prévenir de l'erreur. Tous se sont attachés à formaliser les façons de penser juste. Avec un succès relatif.

Plus près de nous, les psychologues ont pris la relève. Leur exploration des recoins du raisonnement humain les ont conduits à mettre en avant le rôle d'autres règles de pensée que celles de la logique : des règles intuitives, inconscientes, rapides, appelées heuristiques. Indispensables, ces raccourcis mentaux peuvent pourtant se transformer en courts-circuits. Le coupable se nomme alors « biais cognitif ».

Des individus rationnels se trompent tous les jours parce qu'il n'est pas rationnel de passer ses journées à essayer de ne pas se tromper. La bonne attitude consiste plutôt à être conscient des biais inévitables - il n'est pas possible de penser sans point de vue -, tout en évitant les biais qui polluent inutilement.

C'est ce à quoi vous invitent Luc de Brabandere et Anne Mikolajczak, à travers un éventail de mises en situation, d'exemples et de tests, plus étonnants les uns que les autres.